Ratchaphatsadu Land en Thaïlande : Informations complètes et guide

Dernière mise à jour : 18 juillet 2026

“ Ratchaphatsadu ” (ราชพัสดุ) se traduit littéralement par “ biens royaux ” ou “ propriété de l'État ”. En droit immobilier thaïlandais, un terrain Ratchaphatsadu désigne tout bien immobilier appartenant à l'État, à quelques exceptions près. Il s'agit de la plus importante catégorie de terres publiques en Thaïlande. L'expression “ terrain Ratchaphatsadu en Thaïlande ” est parfois traduite par “ terrain du Trésor public ”. Elle est également traduite par des termes liés aux “ droits de possession ”, comme “ Por Bor Tor ”, devenu “ Por Dor Sor 3 ” depuis 2019.

Terre de Ratchaphatsadu en Thaïlande

Table des matières

1. Qu'est-ce que la terre de Ratchaphatsadu en Thaïlande (ที่ราชพัสดุ) ?

L'article 4 de la loi foncière Ratchaphatsadu de 1975 (BE 2518) définit les terres Ratchaphatsadu comme “ tout bien immobilier appartenant à l'État ”. Cette définition exclut deux catégories : premièrement, les terrains du domaine public, c'est-à-dire les terrains utilisés par le public, tels que les routes, les rivières, les rivages, les voies navigables et les lacs ; deuxièmement, les biens immobiliers appartenant aux entreprises publiques dotées de la personnalité morale, ainsi que les biens appartenant aux collectivités territoriales.

Fait clé

Le Trésor public thaïlandais gère environ 12,5 millions de rai de terres relevant du régime foncier de Ratchaphatsadu en Thaïlande, soit près de 2 millions d'hectares. Leur valeur estimée dépasse les 5 billions de bahts, ce qui représente environ 2,571 billions de bahts de la superficie totale du pays.

En termes simples, les terrains relevant de la compétence de Ratchaphatsadu comprennent les bâtiments administratifs du gouvernement, les sites militaires, les marchés d'État, les terrains réservés aux agences et les terrains loués par l'État à des particuliers à des fins commerciales ou résidentielles. En revanche, ils n'incluent pas les espaces communs publics, tels que les plages ou les routes publiques, ni les terrains appartenant aux entreprises publiques autonomes, comme la Société nationale des chemins de fer de Thaïlande et l'Autorité de production d'électricité de Thaïlande.

Pour les lecteurs occidentaux, les terres Ratchaphatsadu sont comparables aux “ terres de la Couronne ” dans les pays du Commonwealth ou aux “ terres du Trésor ”, comme au Canada, en Australie et au Royaume-Uni. Elles sont également similaires aux “ terres fédérales ” aux États-Unis. Il s'agit de terres appartenant à l'État qui peuvent être louées ou utilisées à des fins spécifiques. Le public ne peut pas les acquérir librement.

Les terres appartenant à l'État thaïlandais (Ratchaphatsadu) sont régies par un système complexe de lois primaires, de règlements secondaires et de politiques ministérielles. La compréhension de ce cadre est essentielle pour toute personne souhaitant louer ou interagir avec des terres domaniales en Thaïlande.

2.1 Loi foncière de Ratchaphatsadu BE 2518 (1975)

La loi foncière originale de Ratchaphatsadu a été promulguée le 14 février 1975 (2518 BE). Elle a servi de texte de référence pendant plus de quarante ans. Cette loi comporte douze articles. Elle définit les terres de Ratchaphatsadu et crée le Comité foncier de Ratchaphatsadu, présidé par le ministre des Finances. Elle établit également les règles fondamentales de supervision, d'entretien, d'utilisation et de gestion des biens de l'État.

L'article 5 de la loi BE 2518 a attribué la propriété de toutes les terres Ratchaphatsadu au ministère des Finances. L'article 6 a créé le Comité foncier Ratchaphatsadu, habilité à élaborer des politiques et à émettre des règlements ministériels. L'article 8 stipulait qu'une loi du Parlement était nécessaire pour transférer les terres Ratchaphatsadu. Cette disposition s'appliquait aux terres publiques réservées à un usage spécifique de l'État. L'article 9 prévoyait que lorsque les terres n'étaient plus nécessaires à leur destination, un décret royal devait révoquer leur statut de terres réservées.

Référence : Loi foncière Ratchaphatsadu BE 2518 (1975), articles 4 à 12 ; Gazette royale Vol. 92, partie 35.

2.2 Loi foncière de Ratchaphatsadu BE 2562 (2019)

La nouvelle loi foncière Ratchaphatsadu BE 2562 (2019) a été publiée au Journal officiel le 9 mars 2019. Elle remplace la loi de 1975 afin de moderniser la gestion des biens de l'État. Cette loi actualisée établit des règles plus claires pour l'achat, la gestion et la location des terres Ratchaphatsadu. Elle introduit également des dispositions relatives à la gestion des biens de l'État situés hors de Thaïlande. Cette évolution témoigne de l'intérêt croissant du gouvernement thaïlandais pour la scène internationale.

La loi BE 2562 a renforcé une règle applicable aux agences gouvernementales et aux collectivités territoriales. Toute personne souhaitant utiliser des terrains relevant du domaine public (Ratchaphatsadu) doit en informer le ministère des Finances et obtenir une autorisation formelle conformément aux arrêtés ministériels. Un seuil important a également été instauré : les projets d'une valeur inférieure ou égale à 5 milliards de bahts sont soumis à la loi foncière Ratchaphatsadu et ne relèvent pas du cadre des partenariats public-privé (PPP). Le ministère des Finances exerce ainsi un contrôle direct sur les projets immobiliers publics de moyenne envergure.

Référence : Loi foncière de Ratchaphatsadu BE 2562 (2019) ; Gazette royale Vol. 136, Partie 31 Kor.

2.3 Règlement ministériel BE 2545 (2002)

Le Règlement ministériel relatif aux principes d'administration, d'entretien, d'utilisation et de valorisation des biens de l'État (BE 2545/2002) établit les règles d'application de la loi foncière Ratchaphatsadu. Ce règlement précise les conditions de location, les méthodes de calcul des loyers, les procédures d'approbation et les obligations de déclaration. L'article 23 exige l'approbation du ministère des Finances pour tout contrat portant sur des biens de l'État.

Référence : Règlement ministériel sur l'administration des biens de l'État BE 2545 (2002), article 23.

3. Classification des terres domaniales en Thaïlande

Pour bien comprendre les terres de Ratchaphatsadu, il faut les situer dans la catégorie plus large des terres appartenant à l'État en Thaïlande. Code foncier BE 2497 (1954) Les lois connexes reconnaissent plusieurs types de terres domaniales. Chaque type est soumis à des règles juridiques et à des cadres administratifs différents.

Catégorie Terme thaïlandais Description Autorité de gestion Peut être loué ?
Terrains à usage public ที่สาธารณประโยชน์ Terrains communément utilisés par le public : routes, rivières, plages, canaux, parcs publics Ministère de l'Intérieur / Collectivités locales Non — protégé en tant que domaine public
Terres désolées ที่รกร้างว่างเปล่า Terrains abandonnés ou inutilisés qui sont revenus à l'État Ministère de l'Intérieur / Département du Territoire Peut être alloué à un usage privé dans le cadre de certains programmes
Terres du Trésor (Ratchaphatsadu) ที่ราชพัสดุ Terrains appartenant à l'État utilisés pour l'administration publique, l'armée et la location commerciale Département du Trésor / Ministère des Finances Oui — en vertu de la loi foncière de Ratchaphatsadu
Terres de l'entreprise d'État ที่ดินรัฐวิสาหกิจ Terrains appartenant à des entreprises d'État dotées de la personnalité morale (par exemple, SRT, EGAT) Entreprise d'État respective Conformément à la loi régissant l'entreprise.
Terres réservées au gouvernement ที่ดินสงวนหวงห้าม Terres réservées à des fins spécifiques : ressources naturelles, protection de l’environnement Divers (Département des forêts, etc.) Généralement non — protégé par réserve

Référence : Land Code BE 2497 (1954) ; Chandler MHM, “ Faire des affaires en Thaïlande ”, Chapitre 8, Section 2(A).

La principale différence commerciale réside dans le fait que les terrains de Ratchaphatsadu peuvent être loués à des particuliers. Contrairement aux terrains publics ou réservés, ils sont souvent loués à des fins commerciales, résidentielles et agricoles. Cela en fait une catégorie importante pour les entreprises, les investisseurs et les particuliers souhaitant utiliser des biens appartenant à l'État en Thaïlande.

4. Le Département du Trésor (กรมธนารักษ์) : rôle et pouvoirs

Le Département du TrésorLe Krom Thanarak (กรมธนารักษ์) est un organisme gouvernemental rattaché au ministère des Finances. Il supervise et gère l'ensemble des terres domaniales (Ratchaphatsadu) à travers la Thaïlande. Ses missions comprennent le recensement des propriétés de l'État et la tenue d'un registre national des biens immobiliers appartenant au gouvernement. Il fixe également la valeur foncière cadastrale pour le calcul des impôts et taxes à l'échelle nationale et gère les contrats de location des terres domaniales.

Les valeurs foncières estimées par le Trésor public sont essentielles. Elles servent de référence pour le calcul des droits de mutation, des taxes et des frais d'enregistrement en Thaïlande. Ceci s'applique à toutes les transactions foncières, y compris celles concernant les terrains relevant du système Ratchaphatsadu et les terrains privés. Le prix estimé annoncé par le Trésor public est généralement bien inférieur à la valeur marchande du bien.

Le Département gère des bureaux provinciaux (สำนักงานธนารักษ์พื้นที่) dans chaque province. Ces bureaux font office de bras administratif local. Ils traitent les demandes de location et effectuent des inspections. Ils gèrent également les relations de location. Ils travaillent avec des locataires qui utilisent la propriété de l'État.

5. Le Comité foncier de Ratchaphatsadu

Le Comité foncier de Ratchaphatsadu (คณะกรรมการที่ราชพัสดุ) est le principal organe politique chargé de la propriété de l'État en Thaïlande. Il a été créé en vertu de l'article 6 de la loi foncière de Ratchaphatsadu BE 2518 (1975). Ses membres et ses pouvoirs ont été mis à jour en vertu de la loi BE 2562 (2019).

Le Comité est présidé par le ministre des Finances. Il comprend le secrétaire permanent du ministère des Finances ainsi que le directeur général du Trésor, qui en est à la fois membre et secrétaire. D'autres hauts fonctionnaires des ministères concernés en font également partie. Le Comité peut définir des politiques, approuver les principaux contrats de location, autoriser la révocation ou le reclassement des biens de l'État et émettre des directives. Ces directives deviennent exécutoires par décret ministériel publié au Journal officiel.

Point pratique : Pour les baux portant sur des terrains de grande valeur ou de grande envergure, le preneur doit se conformer aux procédures du ministère du Trésor. Il doit également obtenir l’approbation du Comité foncier de Ratchaphatsadu. Les preneurs potentiels doivent intégrer cette procédure d’approbation à leur calendrier de projet.

6. Comment louer des terres à Ratchaphatsadu

La location des terres de Ratchaphatsadu constitue l'une des principales sources de revenus de l'État provenant de son patrimoine foncier. Le ministère du Trésor applique une procédure claire d'attribution des baux. Les conditions sont conformes au décret ministériel BE 2545 (2002) et à ses modifications ultérieures.

6.1 Critères d'admissibilité

Les demandeurs d'un bail foncier Ratchaphatsadu doivent généralement être de nationalité thaïlandaise ou des personnes morales enregistrées en Thaïlande. Les organismes gouvernementaux, les entreprises d'État, les collectivités territoriales, les établissements d'enseignement et les temples peuvent également se voir accorder le droit d'utiliser des biens appartenant à l'État. Les entités privées souhaitant obtenir un bail commercial doivent justifier d'un objectif commercial valable et disposer des fonds nécessaires à l'aménagement et à l'entretien du bien, conformément aux exigences du ministère des Finances.

Les occupants actuels des terrains appartenant au Trésor peuvent bénéficier d'une priorité pour les demandes de location. Ils doivent avoir utilisé les lieux avec l'accord du ministère du Trésor et se conformer aux règlements ministériels.

6.2 Durée et renouvellement du bail

Objet du bail Durée typique Durée maximale Renouvellement possible ?
Usage résidentiel 1 à 3 ans 30 ans Oui, sous réserve de l'approbation du département du Trésor.
Commerces / vente au détail (maisons-boutiques, marchés) 3 à 15 ans 30 ans Oui, sous réserve d'examen
Développement industriel / à grande échelle 15 à 30 ans 30 ans (50 ans en vertu de lois spéciales) Oui, avec renégociation
utilisation agricole 1 à 6 ans 12 ans (en général) Oui, sous réserve d'examen
utilisation par les agences gouvernementales Au besoin Indéfini (statut réservé) S/O — accordé par attribution
Projets de la zone BOI/CEE 30 à 50 ans 50 ans (jusqu'à 99 ans dans la CEE avec renouvellement) Oui, en vertu du traité CEE

La durée maximale générale d'un bail est de 30 ans, sous Article 540 du Code civil et commercial thaïlandais. Il est stipulé qu'un bail immobilier ne peut excéder 30 ans. Si les parties conviennent d'une durée plus longue, celle-ci est ramenée à 30 ans. Toutefois, certaines législations spécifiques prévoient des exceptions. La loi BE 2542 (1999) relative aux baux immobiliers à des fins commerciales et industrielles autorise les baux de 50 ans. Ces baux s'appliquent aux projets commerciaux et industriels éligibles, qui doivent respecter des seuils d'investissement minimaux. La loi BE 2561 (2018) relative à la zone spéciale de développement de l'Est, également appelée loi EEC, autorise les baux de 50 ans et prévoit un renouvellement pour 49 ans dans les zones EEC désignées.

Important: Une clause de renouvellement dans un bail Ratchaphatsadu ne crée aucun droit acquis. Le renouvellement est toujours à la discrétion du Département du Trésor. Les conditions, y compris le loyer, peuvent être renégociées lors du renouvellement. Les locataires ne doivent pas considérer le renouvellement comme automatique.

6.3 Tarifs et frais de location

Les loyers des terrains Ratchaphatsadu sont calculés selon la valeur foncière estimée par le Trésor public, et non selon la valeur marchande. Ces loyers sont généralement inférieurs à ceux du marché privé. La formule de calcul varie selon le type d'utilisation, mais le Trésor public publie des directives et des barèmes. Outre le loyer mensuel ou annuel, les locataires doivent souvent s'acquitter d'un droit d'entrée (เงินกินเปล่า). Ils peuvent également devoir payer une redevance d'utilisation du bâtiment, notamment si le bail inclut des structures appartenant à l'État.

Les frais d'enregistrement standard pour un bail Ratchaphatsadu s'élèvent à 11 TP3 TB du loyer total. Ce montant couvre toute la durée du bail et est conforme au barème du Département foncier pour les baux enregistrés en Thaïlande. Un droit de timbre de 0,11 TP3 TB du loyer total est applicable (les baux agricoles en sont exemptés).

Frais / Coût Taux Payable par Notes
Loyer annuel Formule basée sur la valeur estimée Preneur à bail Inférieurs aux taux du marché privé
Argent de clé (เงินกินเปล่า) Cela varie selon la propriété Preneur à bail Paiement unique initial
Frais d'enregistrement du bail 1% de loyer total pendant toute la durée du bail Locataire (par pratique) Enregistré au bureau foncier
Droit de timbre 0,1% du loyer total pendant toute la durée du bail Partagé (de par la loi) ; locataire (de par la pratique) baux agricoles exemptés
Taxe foncière et immobilière Variable (0,01%–0,7% de la valeur évaluée) Locataire (si cela est stipulé contractuellement) En vertu de la loi sur l'impôt foncier et immobilier BE 2562

Référence : Règlement ministériel BE 2545 (2002) ; Chandler MHM, “ Faire des affaires en Thaïlande ”, Tableau 8-1.

6.4 Procédure de location étape par étape

L'obtention d'un bail sur un terrain à Ratchaphatsadu comporte plusieurs étapes et prend souvent plusieurs mois. La durée exacte dépend de l'envergure et de la valeur du projet.

Étape 1 — Identification et enquête: Le locataire potentiel identifie le terrain spécifique de Ratchaphatsadu. Ils posent des questions à ce sujet au bureau provincial du Département du Trésor (สำนักงานธนารักษ์พื้นที่). Le bureau confirmera si le terrain est disponible à la location et les catégories d'utilisation autorisées.

Étape 2 — Soumission de la candidature : Le demandeur soumet une demande de bail officielle. Celle-ci comprend une pièce d'identité et l'extrait Kbis (pour les personnes morales). Elle inclut également un plan d'utilisation proposé et une preuve de capacité financière. Le demandeur doit en outre fournir tous les documents justificatifs requis par la réglementation ministérielle applicable.

Étape 3 — Évaluation et inspectionLe ministère du Trésor effectue une inspection des lieux. Il évalue la demande au regard des règlements ministériels. Il examine le loyer et les conditions proposés. Pour les projets d'envergure, une étude d'impact environnemental peut être exigée.

Étape 4 — Approbation du comité ou du ministreL’approbation est requise en fonction de la valeur et du type de bail. Elle peut émaner du directeur général du Trésor, du Comité foncier de Ratchaphatsadu ou du ministre des Finances. Les projets dépassant certains seuils nécessitent l’approbation du Conseil des ministres.

Étape 5 — Signature et enregistrement du bailAprès approbation, le Trésor public et le locataire signent le contrat de bail. Si la durée du bail est supérieure à trois ans, vous devez l'enregistrer auprès du bureau du cadastre compétent. Cela garantit sa validité juridique. Article 538 du Code civil et commercial.

Étape 6 — Respect continu des obligations : Le locataire doit se conformer aux termes du bail. Cela inclut les limites d'utilisation, les obligations d'entretien et les rapports réguliers. Le ministère du Trésor se réserve le droit d'inspecter les lieux et peut résilier le bail en cas de manquement grave.

7. Types d'utilisation autorisée des terres de Ratchaphatsadu

Le Département du Trésor autorise de nombreux usages sur les terrains de Ratchaphatsadu, notamment des activités commerciales telles que des hôtels, des grands magasins, des marchés et des boutiques, ainsi que des usages résidentiels. Les usages éducatifs et religieux, comme les temples, les écoles et les universités, sont également autorisés. L'agriculture est aussi permise. Les organismes gouvernementaux peuvent utiliser ces terrains pour leurs fonctions administratives. Les usages autorisés pour chaque parcelle sont définis par le plan de zonage et d'utilisation du Département du Trésor. Les locataires sont tenus de respecter la catégorie d'usage approuvée. Tout changement d'usage non autorisé constitue un motif de résiliation du bail.

Plusieurs grands complexes commerciaux à Bangkok et dans d'autres provinces sont situés sur des terrains relevant du domaine public (Ratchaphatsadu). Il s'agit notamment de marchés populaires, de zones commerciales appartenant à l'État et de projets hôteliers. La longue durée de ces baux et leurs loyers relativement bas rendent les locations sur les terrains Ratchaphatsadu particulièrement intéressantes sur le plan commercial. Toutefois, le locataire doit accepter certaines limitations lorsqu'il loue des terrains auprès de l'État : il ne peut pas en devenir pleinement propriétaire.

8. Les étrangers et le territoire de Ratchaphatsadu

L'intersection entre les terres Ratchaphatsadu et les investissements étrangers est un domaine complexe du droit thaïlandais. En règle générale, les baux fonciers Ratchaphatsadu sont accordés à des ressortissants thaïlandais ou à des entités enregistrées en Thaïlande. Code foncier BE 2497 (1954) Le ministère du Trésor limite la propriété foncière étrangère. Ses politiques internes sont également strictes et il adopte une approche similaire pour l'octroi de baux sur des propriétés de l'État.

Cependant, les étrangers peuvent accéder indirectement aux terrains de Ratchaphatsadu par le biais de plusieurs structures reconnues. Une société à majorité thaïlandaise, dont le capital est détenu à hauteur d'au moins 511 000 ₹ (TP3T), peut solliciter un bail foncier à Ratchaphatsadu selon la procédure habituelle. Les investisseurs étrangers participant à des projets du BOI ou de l'EEC peuvent également louer des biens appartenant à l'État. Ils peuvent le faire en vertu de règles de bail spécifiques prévues par les lois promotionnelles applicables. Dans ce cas, le bail est conclu entre le Département du Trésor et l'entité de projet immatriculée en Thaïlande.

Avertissement relatif aux risques juridiques : Utiliser des actionnaires de façade pour contourner la propriété thaïlandaise Les règles d'accès aux terres de Ratchaphatsadu sont illégales. Elles contreviennent à la loi sur les entreprises étrangères (BE 2542/1999) et au Code foncier. Toute infraction est passible de sanctions pénales, notamment d'amendes et d'emprisonnement. Le ministère des Finances peut également résilier le bail si des arrangements avec des prête-noms sont découverts.

8.1 Proposition de bail de 99 ans

Une proposition visant à autoriser les étrangers à détenir baux fonciers à long terme pouvant aller jusqu'à 99 ans Cette proposition a fait l'objet de discussions dans les cercles politiques thaïlandais. Selon ce projet, les propriétaires fonciers thaïlandais souhaitant louer leurs terres à des étrangers devraient d'abord leur transférer le titre de propriété au Trésor public, qui en assurerait le contrôle. Les locataires étrangers bénéficieraient alors d'un bail d'une durée maximale de 99 ans. À l'issue de cette période, les terres reviendraient à l'État, sous l'égide du Trésor public. Des restrictions empêcheraient les étrangers d'acquérir des terres agricoles ou de construire des logements sociaux dans le cadre de ce dispositif.

Toutefois, début 2026, cette proposition restait au stade de la discussion et n'avait pas encore été adoptée. Le secrétaire permanent du ministère des Finances a indiqué qu'elle nécessiterait des modifications du droit de la propriété publique, ainsi que des modifications des lois connexes. Une consultation publique serait requise conformément à la Constitution. Les investisseurs étrangers potentiels ne devraient pas fonder leurs projets actuels sur cette proposition et devraient se conformer au cadre existant de 30 ans. Des lois spécifiques pourraient autoriser une durée de 50 ans.

9. Terrains de Ratchaphatsadu vs. Terrains privés vs. Domaine public : Comparaison

Fonctionnalité Terre de Ratchaphatsadu (ที่ราชพัสดุ) Terrain privé (Chanote / NS4) Domaine public (ที่สาธารณะ)
Possession État (Ministère des Finances) personne physique ou entité privée État — pour le bien public
Peut-on l'acheter ? Non (sauf dans certains cas d'élimination limités en vertu de la loi BE 2562) Oui — librement transférable Non
Peut-on le louer ? Oui — jusqu'à 30 ans (50 ans en vertu de lois spéciales) Oui — jusqu'à 30 ans (50 ans en vertu de lois spéciales) Non
Peut-on l'hypothéquer ? Non (droit de bail uniquement ; aucune garantie sur le terrain lui-même) Oui Non
Autorité de gestion Département du Trésor Département foncier (enregistrement seulement) Ministère de l'Intérieur / Gouvernement local.
Titre du document registre du département du Trésor Chanote (NS4), NS3G, NS3 Aucun titre privé délivré
Niveau de loyer En dessous du prix du marché (selon la valeur estimée) Prix du marché (négocié entre les parties) N / A
Accès étranger Limitée — par l’intermédiaire d’entités thaïlandaises, du BOI ou de l’EEC Location uniquement (pas de propriété pour les étrangers, sauf pour les appartements en copropriété) Aucun
Législation clé Loi foncière de Ratchaphatsadu BE 2518/2562 Code foncier BE 2497 ; articles 537 à 571 du Code civil canadien Code foncier ; article 1304 du Code civil canadien

10. Obligations fiscales sur les terres de Ratchaphatsadu

En vertu de la loi relative à la taxe foncière et immobilière BE 2562 (2019), les terrains loués à des particuliers à Ratchaphatsadu peuvent être soumis à une taxe foncière et immobilière annuelle. Cette taxe est calculée sur la valeur du terrain et des bâtiments, selon des taux variables selon la catégorie d'usage : résidentiel, commercial, agricole ou terrain vacant. Les taux d'imposition s'échelonnent de 0,011 TP3T à 0,71 TP3T de la valeur cadastrale, en fonction de la classification d'usage et de la tranche de valeur.

Les terrains relevant de la compétence de l'État et utilisés directement par les organismes gouvernementaux à des fins administratives sont généralement exonérés de taxe foncière. Cependant, lorsque l'État loue un bien à un preneur privé pour un usage commercial, ce dernier peut être redevable de cette taxe. Le contrat de location doit le préciser. La valeur foncière estimée par le Trésor public – généralement inférieure à la valeur marchande – sert de base au calcul de l'impôt.

Les locataires doivent également prendre en compte les conséquences fiscales des constructions ou améliorations réalisées sur les terrains de Ratchaphatsadu. À l'expiration du bail, toute construction présente sur le terrain peut revenir à l'État, selon les termes du bail. Le locataire peut percevoir ou non une indemnisation pour ces améliorations. Il s'agit d'un aspect commercial crucial qui doit être clairement abordé lors des négociations du bail.

Référence : Loi sur l'impôt foncier et immobilier BE 2562 (2019) ; Code des impôts.

11. Transfert, révocation et aliénation des terres du Trésor

Les terres Ratchaphatsadu ne peuvent être librement transférées ou vendues comme des terres privées. La loi BE 2518 a instauré des procédures strictes pour la modification du statut des biens de l'État. Le transfert d'une terre Ratchaphatsadu n'est autorisé que si le Parlement vote une loi en ce sens. Cette disposition s'applique lorsque la terre fait partie du domaine public et doit être réservée à un usage étatique spécifique. Lorsqu'une terre Ratchaphatsadu réservée à un usage officiel n'est plus nécessaire, un décret royal doit révoquer son statut. Un plan de bornage doit être joint à ce décret.

La loi BE 2562 a introduit un nouveau mécanisme : le Trésor public peut vendre les biens saisis dans le cadre d’affaires de blanchiment d’argent et de trafic de stupéfiants. Cette vente doit être approuvée par le ministère des Finances. Il s’agit d’un élargissement notable des pouvoirs de cession qui n’existaient pas dans la législation initiale de 1975.

Référence : Loi foncière de Ratchaphatsadu BE 2518, articles 8-9 ; Loi foncière de Ratchaphatsadu BE 2562 (2019).

11. Décisions de la Cour suprême sur les terres de Ratchaphatsadu (คำพิพากษาศาลฎีกา)

Les arrêts de la Cour suprême thaïlandaise (San Dika, ศาลฎีกา) interprètent la loi foncière Ratchaphatsadu et les lois connexes relatives à la propriété de l'État. Ces arrêts fournissent des indications essentielles sur l'application pratique de ces lois. Contrairement aux pays de common law, les décisions des tribunaux thaïlandais ne créent pas formellement de précédent contraignant. Toutefois, les arrêts de la Cour suprême jouissent d'une forte influence persuasive. Les juridictions inférieures, les avocats et le Trésor public s'y réfèrent fréquemment. Pour les locataires, les investisseurs et les conseillers juridiques, la connaissance de ces décisions de référence est cruciale pour l'évaluation des risques. Elle leur permet également de gérer les litiges relatifs aux terrains domaniaux.

11.1 Classification : ce qui est considéré comme propriété de l'État

L'une des questions les plus fréquentes en droit foncier thaïlandais est de savoir si une parcelle est un terrain Ratchaphatsadu (terrain domanial utilisé à des fins gouvernementales) ou un terrain privé que les particuliers peuvent posséder et vendre librement. La Cour suprême a développé une jurisprudence abondante sur cette question de classification.

Arrêt n° 5200/2566 (2023) de la Cour suprême

Dans cette affaire historique, la Cour suprême s'est penchée sur la valeur probante d'un jugement définitif antérieur déclarant un terrain propriété de l'État. Le terrain litigieux provenait d'une parcelle déjà classée comme appartenant au domaine public. Ce bien était utilisé au profit de l'État, conformément à l'article 1304(3) du Code civil et commercial. Les défendeurs ont fait valoir que les parcelles issues de ce lotissement ne devaient pas être soumises à la même classification.

La Cour suprême a jugé qu'un jugement attribuant la propriété d'un bien à une partie peut être opposable aux tiers, sauf si ces derniers prouvent avoir des droits supérieurs. Cette décision repose sur l'article 145, paragraphe 2(2), du Code de procédure civile. Les défendeurs s'étant contentés de réinterpréter des documents existants, ils n'ont pas démontré l'existence de droits supérieurs. La Cour a donc confirmé le statut de propriété de l'État.

Principe fondamental : Lorsque la Cour suprême classe un terrain comme propriété de l’État (สาธารณสมบัติของแผ่นดิน), ce statut s’applique à toutes les parcelles subdivisées. Les tiers qui revendiquent des droits doivent prouver de manière affirmative un titre supérieur ; la simple proposition d’interprétations alternatives des documents existants est insuffisante.

Référence : 5200/2566 ; Article 1304(3) du CCC ; Article 145 du CPC.

Décision de la Cour suprême n° 3169/2564 (2021)

Cette décision portait sur un litige. Le ministère des Finances avait inscrit son nom sur un certificat d'utilisation du sol (NS3, Nor Sor 3) après avoir acquis le terrain auprès d'un particulier. Or, l'occupant effectif, une autre personne (“ S. ”), possédait et cultivait le terrain depuis des années. Par la suite, S. a vendu le terrain au demandeur.

La Cour suprême a statué que la présence du nom sur le formulaire NS3 ne crée qu'une présomption de droits de possession au sens de l'article 1373 du Code civil. Lorsque le possesseur (“ S. ”) exerçait un contrôle effectif sur le terrain, “ S. ” disposait de droits de possession valides en vertu de l'article 1367. “ S. ” pouvait également céder ces droits. Le ministère des Finances a enregistré son nom après avoir acquis le terrain auprès d'une personne n'en étant pas propriétaire. Cette acquisition n'a pas porté atteinte aux droits de la personne qui en était effectivement propriétaire.

Principe fondamental : L’inscription du ministère des Finances sur un titre foncier crée une présomption, et non une preuve définitive. La possession physique effective prime sur l’enregistrement papier. Une personne n’ayant jamais pris possession physique d’un terrain ne peut valablement le vendre à l’État. L’enregistrement ultérieur par l’État ne corrige pas ce vice.

Référence : 3169/2564 ; Articles 1367 et 1373 du CCC.

Décision de la Cour suprême n° 478/2559 (2016)

Dans une affaire relative à la location de bâtiments appartenant à l'État par le ministère des Finances, la Cour suprême a défini la notion de terrain Ratchaphatsadu. Elle a confirmé que ce terrain comprend les bâtiments, les structures et les aménagements construits sur des terrains domaniaux. La Cour a également confirmé que le ministère des Finances est seul compétent pour la gestion de ce terrain en vertu de la loi sur les terrains Ratchaphatsadu.

Référence : 478/2559 ; Loi foncière de Ratchaphatsadu BE 2518, article 4.

11.2 Empiètement et expulsion des terres du Trésor

Les litiges concernant les occupants sans titre des terres de Ratchaphatsadu figurent parmi les affaires de propriété publique les plus fréquentes devant les tribunaux thaïlandais. La Cour suprême a confirmé le droit de l'État d'expulser les occupants illégaux. Elle a également reconnu les droits des occupants justifiant d'une possession légitime.

Décision de la Cour suprême n° 2103/2565 (2022)

Le plaignant résidait sur un terrain dans la province de Kanchanaburi, s'acquittait des impôts locaux et avait installé des bornes en béton. Le bureau du Trésor provincial (สำนักงานธนารักษ์พื้นที่กาญจนบุรี) a par la suite procédé à un arpentage du terrain. Il a été établi que le terrain appartenait à l'État (Ratchaphatsadu) et présentait les caractéristiques d'une voie publique. Lorsque des tiers ont pénétré sur la propriété pour y installer des canalisations de drainage, le plaignant a intenté une action en justice pour violation de propriété et dommages matériels. La Cour suprême a statué que le terrain était en définitive propriété de l'État. Toutefois, l'occupation effective et continue du terrain par le plaignant lui conférait qualité pour agir. Il pouvait donc déposer des plaintes pour violation de propriété et dommages matériels. Les droits de possession du plaignant, hérités de son prédécesseur en titre, suffisaient à justifier l'action pénale. Cela restait vrai même si le bien appartenait à l'État.

Principe clé : Toute personne occupant physiquement un terrain à Ratchaphatsadu, même sans autorisation formelle, conserve des droits de possession que les tribunaux protègent contre toute ingérence de tiers. Cependant, cela ne lui confère aucun droit de propriété. L'occupant reste soumis à l'autorité du Trésor américain qui peut reprendre possession du terrain.

Référence : คำพิพากษาศาลฎีกาที่ 2103/2565 ; Articles 362, 365 et 358 du Code criminel.

Arrêt n° 8649/2560 (2017) de la Cour suprême

Dans cette affaire pénale, le prévenu était accusé d'intrusion sur les terres de Ratchaphatsadu. Il était également accusé d'infraction à la loi forestière et au code foncier. Le tribunal a ordonné l'expulsion du prévenu, de ses employés, de ses agents et des personnes à sa charge de la propriété domaniale. Cette décision a confirmé que le code foncier et la loi forestière prévoient chacun des sanctions pénales distinctes. Ces deux textes punissent l'occupation illégale de terres domaniales. Le ministère public peut se prévaloir de l'un ou l'autre, voire des deux.

Référence : 8649/2560 ; Code foncier, articles 9 et 108 ; Loi sur les forêts, articles 54 et 55.

11.3 Litiges relatifs aux baux et droits de sous-location

Décision de la Cour suprême n° 8901/2563 (2020)

Cette décision importante portait sur la situation juridique des sous-locataires du terrain de Ratchaphatsadu. Le défendeur, le Département du Trésor, avait signé un bail avec le demandeur n° 1. Ce dernier avait ensuite sous-loué le bien au demandeur n° 2, qui l’avait à son tour sous-loué au demandeur n° 3. Suite à un différend, le demandeur n° 3 a tenté de faire valoir ses droits directement contre le Département du Trésor.

La Cour suprême a statué en vertu de l'article 545 du Code civil canadien. Un sous-locataire est directement responsable envers le bailleur initial. Cette obligation est unilatérale et constitue une exception légale à la règle générale. En règle générale, les contrats n'engagent que les parties signataires. La Cour a jugé que cette exception ne peut être interprétée à l'inverse. Elle n'autorise pas un sous-locataire à intenter une action contre le bailleur initial. En l'absence de dispositions légales conférant au sous-locataire des droits à l'encontre du bailleur initial, le demandeur n° 3 n'avait pas qualité pour agir. Il ne pouvait donc pas intenter d'action directement contre le ministère du Trésor.

Principe clé (essentiel pour les locataires) : Un sous-locataire sur un terrain à Ratchaphatsadu a aucune relation juridique directe auprès du Trésor américain. Le sous-locataire est responsable envers le Trésor, mais ne peut faire valoir aucun droit à son encontre. Il doit exercer ses droits exclusivement contre son bailleur principal. Cela signifie qu'en cas de résiliation du bail principal, le sous-locataire ne peut contester la décision du Trésor. Il peut uniquement réclamer des dommages et intérêts au bailleur principal.

Référence : 8901/2563 ; Article 545 du CCC.

Décision de la Cour suprême n° 13387/2555 (2012)

Cette affaire concernait un différend entre des parties privées et des agences gouvernementales. Il comprenait le bureau provincial du Département du Trésor (ธนารักษ์พื้นที่สิงห์บุรี). Le différend portait sur la question de savoir si les terres du collège agricole appartenaient à Ratchaphatsadu. Les plaignants ont fait valoir que leurs terres n'étaient pas la propriété de l'État et ont contesté la prétention de compétence du Département du Trésor. La Cour suprême a examiné les relations entre les agences défenderesses. Il a confirmé que le bureau provincial du Département du Trésor (สำนักงานธนารักษ์พื้นที่) a une personnalité juridique. Le bureau peut agir pour le compte du Département du Trésor dans les litiges immobiliers. La Cour a également confirmé qu'il incombe à la partie qui conteste la revendication du terrain de prouver qu'il ne s'agit pas d'une propriété de Ratchaphatsadu. Cette partie doit donc contester la revendication de l'État dès lors que le Trésor public a fait valoir ses droits.

Référence : 13387/2555.

11.4 Titres de propriété frauduleux sur des terres domaniales

Décision de la Cour suprême n° 5161/2566 (2023)

Cette affaire concernait des poursuites pénales liées à la délivrance frauduleuse de titres de propriété sur des terres domaniales. Elle a fait l'objet d'un nouveau procès pénal en vertu de la loi de 1983 relative aux nouveaux procès pénaux (BE 2526). La Cour suprême a fixé des limites aux possibilités d'appel dans les affaires en appel. Aux termes de l'article 15 de cette loi, le tribunal saisi d'un nouveau procès peut rendre un jugement. Si ce jugement est porté en appel devant la Cour d'appel, sa décision est définitive. Aucun autre pourvoi devant la Cour suprême n'est possible. Cette affaire illustre l'application du droit pénal lorsque des titres de propriété frauduleux concernent des terres de Ratchaphatsadu. Elle démontre également le caractère définitif des arrêts d'appel dans les affaires en nouveau procès.

Référence : คำพิพากษาศาลฎีกาที่ 5161/2566 ; Loi sur le nouveau procès des affaires pénales BE 2526, articles 13 et 15.

11.5 Questions de compétence : tribunaux civils contre tribunaux administratifs

Décision de la Cour suprême n° 4818/2562 (2019)

Cette décision de procédure importante a clarifié la frontière entre la compétence des tribunaux civils et celle des tribunaux administratifs dans les litiges fonciers de Ratchaphatsadu. Les plaignants avaient intenté une action civile contestant la légalité d'un décret royal affectant des biens de l'État. Le Comité de règlement des différends en matière de compétence a statué que l'action contestait la légalité d'un décret royal.

Le décret a été émis ou approuvé par le Conseil des ministres. Le Comité a déclaré que cette question relève de la compétence exclusive de la Cour administrative suprême. La Cour suprême a confirmé le caractère définitif de la décision du Comité. Cette décision est fondée sur les articles 10 et 11 de la loi BE 2542 (1999) relative au règlement des différends en matière de compétence. Le tribunal civil doit soit transférer l'affaire, soit la rejeter afin que les parties puissent la saisir à nouveau devant la Cour administrative.

Principe fondamental : Les litiges contestant les décrets royaux relatifs aux terres de Ratchaphatsadu doivent être portés devant la Cour administrative suprême. Ils ne doivent pas être introduits devant les tribunaux civils. Saisir la juridiction incompétente entraînera le rejet ou le transfert de la requête, occasionnant des pertes de temps et des frais considérables pour le justiciable. Il est impératif que les avocats examinent attentivement les questions de compétence avant d’engager toute procédure.

Référence : 4818/2562 ; Loi sur le règlement des différends juridictionnels BE 2542, articles 10 et 11.

11.6 Conversion de la réserve forestière en terres de Ratchaphatsadu

Décision de la Cour suprême n° 321/2568 (2025) — La plus récente

La dernière décision de la Cour suprême figurant dans notre base de données concerne les terres Ratchaphatsadu. Elle aborde la question sensible de la conversion des terres de la réserve forestière nationale en terres Ratchaphatsadu. Dans cette affaire de diffamation pénale, survenue dans la province de Phetchabun, le défendeur a déployé de grandes banderoles en vinyle le long de la route Phitsanulok-Lom Sak. Ces banderoles accusaient le gouverneur provincial d'avoir sollicité l'approbation du Conseil des ministres pour convertir les réserves forestières nationales en terres Ratchaphatsadu. Le défendeur affirmait que cette conversion profiterait aux capitalistes et aux politiciens, qu'il soupçonnait d'être impliqués dans des empiètements illégaux sur la forêt de Khao Kho. Les banderoles reprenaient des slogans tels que : “ Utilisez Khao Kho comme modèle pour aider les politiciens qui s'approprient des terres forestières à les conserver légalement. ”

La Cour suprême a confirmé la condamnation pour diffamation. Elle a jugé les accusations du prévenu infondées. Le gouverneur n'avait fait qu'appliquer la politique gouvernementale en vigueur, une mesure parmi d'autres pour lutter contre l'empiètement illégal sur les forêts. La Cour a également statué que l'affichage de banderoles publiques ne constituait pas une critique de bonne foi, au sens de l'article 329 du Code pénal. Enfin, elle a accordé des dommages et intérêts d'un montant de 500 000 bahts pour préjudice moral.

Importance pour la loi Ratchaphatsadu : Cette affaire, bien que relevant principalement du droit de la diffamation, met en lumière un problème concret majeur. Elle explique comment les réserves forestières nationales (ป่าสงวนแห่งชาติ) peuvent être converties en terres Ratchaphatsadu. Cette conversion nécessite l’approbation du Conseil des ministres. Ce mécanisme de conversion constitue un outil gouvernemental légitime, utilisé pour résoudre les litiges relatifs aux empiètements. Dans ce cadre, le ministère des Finances gère les terres forestières. Cependant, cette pratique demeure politiquement controversée. L’affaire démontre que la frontière entre les terres des réserves forestières et les terres Ratchaphatsadu n’est pas fixe et peut évoluer au gré des décisions politiques du gouvernement.

Référence : 321/2568 ; Articles 136, 328 et 329 du Code criminel.

11.7 Tableau récapitulatif : Principes clés de la Cour suprême concernant les terres de Ratchaphatsadu

Question juridique Numéro de dossier. Année Principe clé
La classification des propriétés de l'État s'étend aux subdivisions. 5200/2566 2023 Une fois qu'un terrain est classé comme propriété de l'État, toutes les parcelles subdivisées sont soumises à la même classification. Les tiers doivent prouver des droits supérieurs.
La possession effective prévaut sur l'enregistrement papier. 3169/2564 2021 La possession effective prime sur le nom du ministère des Finances figurant sur les titres fonciers. L'enregistrement auprès du gouvernement sans possession réelle n'est qu'une simple formalité.
Les occupants conservent des droits de possession à l'égard des tiers 2103/2565 2022 Même les occupants sans titre de terres appartenant au Trésor peuvent poursuivre en justice les tiers qui s'y introduisent sans autorisation. Les droits possessifs existent indépendamment de la propriété.
Les sous-locataires n'ont aucune réclamation directe contre le département du Trésor. 8901/2563 2020 Les sous-locataires de terrains appartenant à l'État ne peuvent faire valoir aucun droit à l'encontre du ministère du Trésor. Ils sont redevables envers ce dernier, mais ne peuvent lui réclamer aucune somme.
Les contestations du décret royal sont portées devant le tribunal administratif. 4818/2562 2019 Les litiges relatifs aux décrets royaux affectant les biens de l'État relèvent de la compétence exclusive de la Cour administrative suprême.
Sanctions pénales pour empiètement 8649/2560 2017 L'occupation non autorisée des terres de Ratchaphatsadu est passible de poursuites en vertu du Code foncier et de la Loi forestière, et peut donner lieu à des ordonnances d'expulsion.
Les bureaux du Trésor provincial ont une existence légale 13387/2555 2012 Les bureaux du Trésor provincial (ธนารักษ์พื้นที่) ont qualité pour agir au nom du Département du Trésor dans les procédures judiciaires.
La conversion des forêts en zones de ratchaphatsadu est un outil politique 321/2568 2025 La conversion des réserves forestières nationales en terres Ratchaphatsadu, approuvée par le Cabinet, constitue un mécanisme légitime de politique gouvernementale.
caractère définitif d'un nouveau procès dans les affaires de titres frauduleux 5161/2566 2023 Dans les affaires de titres fonciers frauduleux concernant l'État, la décision de la Cour d'appel est définitive — aucun autre appel ne peut être interjeté devant la Cour suprême.

Leçons pratiques pour les locataires et les investisseurs

Les arrêts de la Cour suprême concernant les terres de Ratchaphatsadu offrent des enseignements pratiques essentiels pour toute personne louant ou effectuant des transactions sur des biens appartenant à l'État :

1. Procéder à une vérification préalable approfondie de la classification des terrains. La décision 5200/2566 démontre qu'une fois établie, la classification des biens de l'État est extrêmement difficile à remettre en cause. Avant toute transaction foncière susceptible d'avoir des liens avec l'État, vérifiez l'historique de classification du bien. Consultez les archives du Trésor et du Service du cadastre.

2. Vérifiez la possession réelle, et pas seulement les titres de propriété. L'arrêt 3169/2564 démontre que les tribunaux thaïlandais s'attachent à déterminer qui utilise et occupe le terrain. Ils ne se basent pas uniquement sur le nom figurant sur le certificat. Ce point est crucial lors de l'acquisition de terrains auprès d'entités revendiquant un titre de propriété d'origine gouvernementale.

3. Structurez soigneusement les accords de sous-location. La décision 8901/2563 précise que les sous-locataires ne disposent d'aucun recours direct contre le Trésor public. Tout contrat de sous-location portant sur des terres de Ratchaphatsadu doit inclure des garanties contractuelles à l'encontre du locataire principal. En effet, en cas de résiliation du bail principal, le sous-locataire ne peut exercer de recours que contre le locataire principal et non contre l'État.

4. Déposez votre dossier auprès du tribunal compétent. La décision 4818/2562 confirme cette règle. Vous devez contester les décisions gouvernementales, y compris les décrets royaux et les arrêtés ministériels, devant le Tribunal administratif. Cette règle s'applique lorsque les décisions concernent des terres relevant de la compétence de Ratchaphatsadu. Ne portez pas ces affaires devant les tribunaux civils. Saisir la mauvaise juridiction entraîne une perte de temps et de ressources.

5. L'occupation non autorisée entraîne des poursuites pénales. La décision 8649/2560 confirme que l'empiètement sur les terres domaniales constitue une infraction pénale, et non un simple litige civil. Les peines encourues comprennent l'emprisonnement et l'expulsion forcée.

Référence : Toutes les décisions de la Cour suprême citées ci-dessus proviennent de la base de données jurisprudentielles ThaiLawOnline. Celle-ci contient plus de 200 arrêts de la Cour suprême thaïlandaise relatifs à l’affaire Ratchaphatsadu (BE 2529–2568).

12. Considérations pratiques et risques

La location de terrains à Ratchaphatsadu offre des avantages commerciaux, notamment des loyers moins élevés et l'accès à des emplacements de choix appartenant à l'État. Cependant, elle comporte également des risques spécifiques que les transactions foncières privées n'impliquent pas.

Aucun intérêt de propriété : Le preneur acquiert uniquement un droit de bail, et non un droit de propriété. Le terrain ne peut servir de garantie pour un prêt hypothécaire. Toutefois, ce droit de bail peut présenter un certain intérêt lors de négociations de financement. Cela limite la capacité du preneur à utiliser le bien comme levier pour obtenir un financement externe.

Le gouvernement peut se prononcer sur le renouvellement : Le renouvellement d'un bail n'est pas un droit, mais une faveur. Le Trésor public peut refuser de le renouveler, en modifier les conditions ou réaffecter le terrain à un autre usage. Les locataires qui investissent considérablement dans des améliorations devraient négocier des conditions de renouvellement claires et une indemnisation adéquate dans le bail initial.

Transférabilité restreinte : Contrairement à un bail privé, un bail Ratchaphatsadu ne peut généralement être cédé ou sous-loué librement sans l'accord écrit préalable du Trésor américain. Ceci limite la possibilité pour le preneur de se désengager du contrat ou de faire appel à des partenaires.

Rétablissement des améliorations : Sauf stipulation contraire expresse dans le bail, les constructions et améliorations réalisées par le locataire sur les terres de Ratchaphatsadu peuvent revenir à l'État à l'expiration du bail. Cela représente un risque financier majeur, notamment pour les locataires qui investissent massivement dans le développement immobilier sur les propriétés de l'État.

Risques politiques et stratégiques : La politique gouvernementale concernant les terres de Ratchaphatsadu pourrait évoluer en fonction des changements d'administration. De nouvelles politiques relatives aux loyers, aux usages autorisés ou à la durée des baux pourraient impacter les locataires actuels, notamment lors du renouvellement.

13. Foire aux questions

Quelle est la différence entre “ tanarak ” et “ ratchaphatsadu ” ?

“ Tanarak ” (ธนารักษ์) fait référence au Département du Trésor lui-même, l'organisme gouvernemental qui gère les biens de l'État. “ Ratchaphatsadu ” (ราชพัสดุ) fait référence aux biens de l'État (terrains et bâtiments) gérés par le Département du Trésor. En thaï de tous les jours, les gens disent souvent “ ที่ดินธนารักษ์ ” (terre de Tanarak). Ils parlent du pays de Ratchaphatsadu. Ils utilisent le nom de l'agence de gestion au lieu du type de terrain légal.

Puis-je construire une maison sur un terrain à Ratchaphatsadu ?

Oui, si le bail autorise la construction résidentielle. De nombreux Thaïlandais construisent des maisons sur des terrains loués à Ratchaphatsadu, notamment dans les zones réservées au logement. Cependant, le locataire doit examiner attentivement les clauses du bail relatives à la propriété du bâtiment à son expiration.

Les terrains de Ratchaphatsadu sont-ils moins chers que les terrains privés ?

Oui, les loyers des terrains Ratchaphatsadu sont généralement inférieurs aux prix du marché privé. Ils sont calculés sur la base de l'évaluation du Trésor public, et non de la valeur marchande. En contrepartie, on perd tout droit de propriété et on est soumis aux restrictions inhérentes à la location auprès du gouvernement.

Un bail Ratchaphatsadu peut-il être hérité ?

Un bail standard régi par le Code civil et commercial constitue un droit personnel. Il prend fin au décès du locataire, sauf si le bail prévoit une transmission successorale. En pratique, le Trésor public peut autoriser les héritiers à reprendre le bail, mais cette procédure nécessite généralement une nouvelle autorisation. Elle n'est pas automatique.

Que se passe-t-il si je ne respecte pas les termes du bail ?

Le Trésor public peut résilier le bail en cas de non-paiement du loyer ou de violation des conditions du bail. Le locataire peut alors être contraint de quitter les lieux. Il peut également perdre, sans indemnisation, toute construction ou amélioration apportée au terrain, conformément aux termes du bail.

Les terres Ratchaphatsadu constituent une catégorie importante et stratégique de biens immobiliers en Thaïlande. Gérées par le Trésor public, elles couvrent plus de 12,5 millions de rai et soutiennent les opérations gouvernementales à l'échelle nationale. Elles sont également essentielles au fonctionnement des entreprises, des habitations et des institutions publiques dans tout le pays. Le cadre juridique est fondé sur la loi foncière Ratchaphatsadu de 1975 (BE 2518), mise à jour par la loi de 2019 (BE 2562) et complétée par le décret ministériel de 2002 (BE 2545). Ce système clair encadre l'administration, la location et la gestion des biens de l'État.

Pour les ressortissants thaïlandais et les entreprises immatriculées en Thaïlande, la location de terrains à Ratchaphatsadu peut s'avérer avantageuse. Elle offre des loyers plus bas, un accès à des propriétés publiques bien situées et une stabilité à long terme. Pour les investisseurs étrangers, les opportunités sont plus limitées, mais non inexistantes. Elles existent notamment via les projets promus par le BOI, les développements de la zone EEC et les entités à majorité thaïlandaise bien structurées.

Comme pour tous les aspects du droit immobilier thaïlandais, une vérification juridique approfondie et le recours à un expert sont indispensables. La loi foncière Ratchaphatsadu, le Code foncier, le Code civil et commercial, ainsi que d'autres lois spécifiques, instaurent des règles complexes. Ces règles valorisent une planification rigoureuse et sanctionnent les erreurs d'appréciation.

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