Dernière mise à jour : 18 juillet 2026
La Thaïlande est l'un des rares pays où la diffamation est encore considérée comme un délit. La plupart des pays occidentaux la traitent comme une affaire purement civile. La Thaïlande fait exception. La loi thaïlandaise autorise tant le procureur que la victime à requérir une peine d'emprisonnement pour des propos portant atteinte à la réputation d'autrui.
Ce guide présente l'ensemble du cadre juridique de la diffamation en Thaïlande. Il explique les dispositions pénales prévues par la loi. Code pénal thaïlandais, Ce guide aborde les recours civils prévus par le Code civil et commercial, ainsi que la responsabilité supplémentaire découlant de la loi sur la cybercriminalité. Il s'adresse aux expatriés, aux chefs d'entreprise, aux journalistes et aux créateurs de contenu qui souhaitent comprendre leurs risques juridiques.
Pour une analyse détaillée de l'application de ces lois aux médias sociaux, consultez notre guide sur Diffamation en ligne et sur les réseaux sociaux en Thaïlande. Pour connaître tous les moyens de défense légaux disponibles et les décisions de justice faisant jurisprudence, consultez notre article sur moyens de défense en matière de diffamation et décisions de la Cour suprême. Si vous êtes étranger et que vous faites l'objet d'accusations de diffamation, consultez notre Guide pratique pour les étrangers victimes de diffamation en Thaïlande.

L'approche du système juridique thaïlandais en matière de diffamation reflète des valeurs culturelles profondes liées à la réputation, à l'harmonie sociale et au respect. Cependant, cela crée un véritable casse-tête juridique pour les étrangers habitués à une plus grande liberté d'expression. Entre 2015 et 2021, plus de 25 000 plaintes en diffamation ont été déposées.. Nombre de ces affaires visent les expatriés et les utilisateurs des réseaux sociaux. Ces lois peuvent servir d'arme contre les critiques, les lanceurs d'alerte et quiconque s'oppose aux intérêts des puissants.
Comprendre le droit de la diffamation en Thaïlande est essentiel pour toute personne participant à un débat public. De nombreux expatriés ont subi de graves conséquences en raison d'une mauvaise compréhension de ce droit.
Table des matières
1. Historique législatif de la diffamation en Thaïlande
Loi pénale RS 127 (BE 2451 / 1908)
Les premières dispositions codifiées en matière de diffamation en Thaïlande figurent dans le Code pénal RS 127 (BE 2451). Cette loi fut promulguée en 1908 sous le règne du roi Chulalongkorn. Ce code était fortement influencé par les traditions du droit civil européen, notamment les modèles français et japonais. Il introduisit la notion de responsabilité pénale pour atteinte à la réputation d'autrui.
La diffamation était déjà considérée comme une infraction pénale dans ce code ancien. Cela reflétait la tradition juridique thaïlandaise qui privilégiait la protection de l'honneur personnel par des sanctions pénales plutôt que par des recours purement civils.
Code pénal BE 2499 (1956)
En 1956, le roi Bhumibol Adulyadej a promulgué le Code pénal BE 2499. Il est entré en vigueur le 1er janvier 1957. Ce code a remplacé la loi pénale de 1908 et a regroupé toutes les dispositions pénales dans un seul texte de loi.
Les dispositions relatives à la diffamation ont été codifiées aux articles 326 à 333 du Livre 2, Titre 12, sous la rubrique “ Infractions relatives à la liberté et à la réputation ”. Les rédacteurs se sont inspirés des modèles juridiques d'Europe continentale et les ont adaptés aux valeurs sociales thaïlandaises. La réputation et l'honneur (หน้าตา) revêtent une importance considérable dans la vie quotidienne thaïlandaise. Le choix d'une double approche, consistant à criminaliser la diffamation tout en offrant des recours civils, était délibéré.
Loi modifiant le Code pénal (n° 11) BE 2535 (1992)
La modification la plus importante des dispositions relatives à la diffamation a été apportée par la loi n° 11 portant modification du Code pénal (BE 2535, 1992). Cette modification a révisé l’article 326 en ajustant les peines et en précisant les éléments constitutifs de l’infraction. Les affaires commises avant la date d’entrée en vigueur de cette loi continuent d’être poursuivies conformément au texte initial de l’article 326.
La loi BE 2550 (2007) relative à la cybercriminalité et sa modification de 2017
L'essor d'Internet a entraîné la promulgation de la loi BE 2550 (2007) relative à la cybercriminalité. Cette loi a instauré une responsabilité parallèle pour les déclarations en ligne. Elle a été considérablement modifiée en 2017, élargissant son champ d'application et alourdissant les sanctions. Pour une analyse complète, consultez notre guide sur Diffamation en ligne et sur les réseaux sociaux en Thaïlande.
Modifications du Code de procédure pénale (2019)
En 2019, le gouvernement thaïlandais a modifié le Code de procédure pénale (CPP) afin de lutter contre les poursuites en diffamation abusives. L'article 161/1 habilite désormais les tribunaux à rejeter les plaintes déposées de mauvaise foi ou dans une intention de harcèlement. L'article 165/2 permet aux défendeurs de présenter des preuves lors de l'audience préliminaire. Ces dispositions anti-SLAPP sont analysées en détail dans notre article sur… moyens de défense en matière de diffamation et décisions de la Cour suprême.
2. Diffamation criminelle : articles 326 à 333 du Code criminel
Le cœur du droit thaïlandais de la diffamation se trouve dans les articles 326 à 333 de la loi. Code pénal BE 2499. Ces huit articles établissent les infractions, les peines, les moyens de défense et les règles de procédure qui régissent la diffamation criminelle.
Article 326 : Diffamation simple (หมิ่นประมาท)
L'article 326 constitue le fondement de la diffamation pénale en Thaïlande. Il prévoit :
“ Quiconque impute quoi que ce soit à autrui devant un tiers, de manière à porter atteinte à la réputation de cette personne ou à l’exposer à la haine ou au mépris, est coupable de diffamation et sera puni d’une peine d’emprisonnement n’excédant pas un an ou d’une amende n’excédant pas vingt mille bahts, ou des deux. ”
Trois éléments doivent être prouvés pour qu'une condamnation soit prononcée en vertu de l'article 326 :
- Une imputation : une déclaration attribuant quelque chose à la victime.
- Communication devant un tiers : La déclaration doit être communiquée à au moins une personne autre que la victime.
- Risque d'atteinte à la réputation : La déclaration doit être susceptible de porter atteinte à la réputation de la victime ou de l'exposer à la haine ou au mépris.
L'accusation n'a pas à prouver qu'un préjudice réel a été causé. La simple probabilité suffit. L'accusé n'a pas besoin d'avoir l'intention de nuire. Même des propos involontaires peuvent constituer une diffamation s'ils portent atteinte à la réputation.
Article 327 : Diffamation du défunt
L'article 327 étend la protection contre la diffamation au-delà du décès. Imputer quoi que ce soit à une personne décédée est puni des mêmes peines que celles prévues à l'article 326 lorsque cette imputation est susceptible de porter atteinte à la réputation du père, de la mère, du conjoint ou de l'enfant du défunt. Ceci reflète la conception culturelle thaïlandaise selon laquelle la réputation d'une personne s'étend à sa famille.
Article 328 : Diffamation par publication (Libel)
L’article 328 crée une infraction aggravée pour les déclarations faites par voie de publication ou de diffusion :
“ Si le délit de diffamation est commis par la publication d'un document, d'un dessin, d'une peinture, d'un film cinématographique, d'une image ou de lettres rendues visibles par quelque moyen que ce soit, par enregistrement audio ou vidéo, par diffusion ou par tout autre moyen, le contrevenant sera puni d'une peine d'emprisonnement n'excédant pas deux ans et d'une amende n'excédant pas deux cent mille bahts. ”
Les tribunaux thaïlandais ont constamment statué que les publications sur les réseaux sociaux, les articles de blog et les commentaires en ligne constituent une “ publication ” au sens de l'article 328. Les peines encourues sont plus sévères que celles prévues par l'article 326 : jusqu'à deux ans d'emprisonnement et une amende pouvant atteindre 200 000 bahts. L'emprisonnement et l'amende étant cumulatifs, le tribunal est tenu de les prononcer tous deux.
Article 329 : Moyens de défense légaux
L’article 329 prévoit quatre catégories d’expression protégée lorsque les déclarations sont faites de bonne foi. Il s’agit de l’autojustification, de l’exercice des fonctions officielles, des commentaires équitables sur les questions publiques et du compte rendu fidèle des procédures judiciaires. Pour une analyse complète incluant les interprétations de la Cour suprême, consultez notre guide dédié. défenses en matière de diffamation en Thaïlande.
Article 330 : La défense de la vérité
L'article 330 permet à un défendeur de prouver la véracité d'une allégation diffamatoire. Cependant, ce moyen de défense n'est valable que si l'allégation porte sur une question d'intérêt public. Les déclarations véridiques concernant des affaires purement privées restent susceptibles de poursuites. Il s'agit d'une distinction essentielle par rapport aux juridictions de common law où la vérité constitue généralement un moyen de défense absolu.
Article 331 : Privilège relatif aux procédures judiciaires
L'article 331 confère une immunité absolue aux déclarations faites par les parties ou leurs avocats au cours d'une procédure judiciaire. Toute opinion exprimée devant le tribunal en faveur d'une partie ne saurait engager la responsabilité pour diffamation.
Article 332 : Ordonnances du tribunal suite à une condamnation
L'article 332 habilite le tribunal à ordonner la saisie et la destruction des documents diffamatoires. Le tribunal peut également ordonner la publication de son jugement aux frais du condamné.
Article 333 : Infraction susceptible de transaction
L'article 333 qualifie la diffamation d'infraction susceptible de transaction. Seule la partie lésée peut intenter une action en justice par voie de plainte privée. L'État ne peut engager de poursuites de sa propre initiative. En cas de décès de la personne lésée, le droit d'agir revient à son père, sa mère, son conjoint ou ses enfants. Les parties peuvent également conclure un accord et retirer leur plainte à tout moment.
3. Diffamation civile : articles 420 et 423 du Code civil et commercial
Le droit thaïlandais prévoit également un recours civil en cas de diffamation. Code civil et commercial (CCC). Les victimes peuvent demander une indemnisation financière sans poursuites pénales. Elles peuvent également entreprendre les deux démarches simultanément.
Article 420 : Responsabilité délictuelle générale
L'article 420 établit le cadre général des actes illicites (ละเมิด) :
“ Quiconque, volontairement ou par négligence, porte atteinte illégalement à la vie, à l’intégrité physique, à la santé, à la liberté, aux biens ou à tout droit d’autrui, commet un acte illicite et est tenu de verser une indemnisation. ”
La diffamation constitue une atteinte au droit à la réputation d'une personne. Elle peut fonder une action civile en vertu de l'article 420.
Article 423 : Délit spécifique de diffamation
L’article 423 offre un cadre plus ciblé pour la diffamation civile :
“ Quiconque affirme ou répand comme un fait contraire à la vérité ce qui porte atteinte à la réputation ou au crédit d’autrui, ou à ses gains ou à sa prospérité de quelque manière que ce soit, doit indemniser l’autre partie de tout préjudice qui en découle, même s’il ignore la fausseté de ces propos, pourvu qu’il aurait dû la connaître. ”
Contrairement à la diffamation pénale, l'article 423 porte sur les fausses déclarations et exige la preuve d'un préjudice réel. Il introduit également un critère de négligence. Le défendeur est responsable même s'il ignorait le caractère mensonger de la déclaration, dès lors qu'il aurait dû le savoir.
Délais de prescription
Les actions civiles en diffamation doivent être intentées dans un délai d'un an à compter de la découverte de l'acte diffamatoire et de l'identité de son auteur. Le délai alternatif est de dix ans à compter de la date de l'acte illicite. Le délai le plus court s'applique.
Dégâts
Il n'existe aucun plafond légal pour les dommages et intérêts. Les tribunaux ont le pouvoir discrétionnaire d'accorder des montants proportionnels à la gravité de la diffamation. Des indemnités se chiffrant en centaines de milliers, voire en millions de bahts, ont été accordées dans des affaires très médiatisées.
4. Diffamation pénale et civile : le système juridique dualiste de la Thaïlande
En Thaïlande, le système judiciaire est dual et la diffamation peut donner lieu simultanément à des poursuites pénales et civiles. Cette situation est particulièrement difficile pour les accusés, qui risquent l'emprisonnement au pénal et des poursuites civiles pour dommages et intérêts.
Les sanctions pénales pour diffamation comprennent jusqu'à un an d'emprisonnement et une amende de 20 000 bahts pour la diffamation simple (article 326). Pour la diffamation par publication (article 328), les peines sont portées à deux ans d'emprisonnement et 200 000 bahts d'amende. Le système pénal permet à toute personne lésée de porter plainte directement auprès de la police ou des tribunaux. Les particuliers ont ainsi la possibilité d'engager des poursuites pénales.
La diffamation civile, en vertu de l'article 423 du Code civil, vise à obtenir réparation financière. La victime doit prouver que les fausses déclarations lui ont causé un préjudice financier ou moral réel. Le délai de prescription est d'un an à compter du jour où la victime a connaissance de la diffamation et a identifié l'auteur.
Le système dual signifie qu'une seule déclaration diffamatoire peut exposer le défendeur à la fois à une peine d'emprisonnement et à des dommages-intérêts. Les accusations en vertu de la Loi sur la cybercriminalité peut ajouter des pénalités supplémentaires en plus des deux pistes.
5. La loi sur la cybercriminalité et la diffamation en ligne
La loi BE 2550 (2007) relative à la cybercriminalité, telle que modifiée en 2017, crée une responsabilité pénale supplémentaire pour les déclarations en ligne. Elle est fréquemment utilisée conjointement avec les poursuites classiques pour diffamation.
Article 14(1) : Données informatiques fausses
L’article 14(1) érige en infraction le fait de saisir de fausses données dans un système informatique susceptible de causer un préjudice à un tiers ou au public. La peine encourue est une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans et/ou une amende pouvant atteindre 100 000 bahts.
Article 16 : Diffamation par l’image
L'article 16 vise la mise en ligne d'images manipulées à caractère diffamatoire. La peine encourue est une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à trois ans et/ou une amende de 60 000 bahts.
Cumul de charges
Il est courant que les procureurs cumulent les chefs d'accusation fondés sur plusieurs lois pour une seule publication en ligne. Un simple commentaire sur Facebook peut entraîner des poursuites en vertu de l'article 328 (jusqu'à 2 ans de prison), de l'article 14(1) (jusqu'à 5 ans) et de l'article 16 (jusqu'à 3 ans). La peine maximale théorique pour une seule publication peut atteindre dix ans, voire plus.
Pour une analyse complète des risques spécifiques à chaque plateforme, de l'obligation de retrait sous 24 heures, du choix du forum et de la responsabilité des intermédiaires, consultez notre guide dédié sur Diffamation en ligne et sur les réseaux sociaux en Thaïlande.
6. Diffamation royale : lèse-majesté en vertu de l'article 112
L’article 112 du Code criminel prévoit :
“ Quiconque diffame, insulte ou menace le Roi, la Reine, l’Héritier présomptif ou le Régent sera puni d’une peine d’emprisonnement de trois à quinze ans. ”
Le crime de lèse-majesté est totalement distinct de la diffamation ordinaire. Contrairement aux articles 326 à 333, l'article 112 constitue une infraction non susceptible de transaction. L'État peut engager des poursuites sans plainte privée. Les parties ne peuvent conclure d'accord amiable. Toute personne peut porter plainte.
Les peines sont sévères : de 3 à 15 ans d’emprisonnement, sans possibilité de simple amende. Les peines sont généralement cumulatives. Les tribunaux ont interprété la disposition de manière extensive. Cela inclut les références à des monarques décédés et à des membres de la famille royale non nommément cités dans la loi. Même des allusions indirectes, des commentaires sarcastiques ou le partage de contenus jugés offensants peuvent donner lieu à des poursuites.
Les poursuites ont considérablement augmenté depuis 2020. En septembre 2024, plus de 270 personnes étaient poursuivies dans 301 affaires de lèse-majesté. Les tribunaux refusent systématiquement la libération sous caution aux accusés de lèse-majesté. Le cas de Mongkol Thirakhot en est un exemple frappant : il a écopé d’une peine record de 50 ans de prison pour des publications sur Facebook.
Les étrangers peuvent être poursuivis pour des contenus créés hors de Thaïlande. Le chercheur américain Paul Chambers a été inculpé en 2025, avant que le parquet ne classe l'affaire sans suite en mai 2025. Il s'agit d'un domaine où les étrangers ne devraient prendre aucun risque. Pour en savoir plus sur l'impact de cette situation sur les étrangers, consultez notre [lien/lien/article]. Guide pratique pour les étrangers confrontés à des accusations de diffamation.
7. Tendances et statistiques en matière d'application de la loi
Les poursuites pénales pour diffamation en Thaïlande sont en forte hausse. Selon ARTICLE 19, le nombre d'affaires portées devant les tribunaux de première instance est passé de 1 386 en 2015 à 2 023 en 2019, soit une augmentation de 501 000 milliards de bahts en cinq ans. Plus de 25 000 affaires de diffamation ont été enregistrées depuis 2015.
Entre janvier 2015 et septembre 2020, 8 397 condamnations ont été prononcées, soit un taux de condamnation d'environ 83 %. Les tribunaux condamnent dans la grande majorité des affaires portées devant un tribunal.
Environ 581 000 plaintes sont déposées par des fonctionnaires ou des hommes politiques. Environ 411 000 plaintes visent des défenseurs des droits humains et des militants. Cette tendance révèle un recours stratégique aux lois sur la diffamation pour faire taire les voix critiques.
Les poursuites politiques ont augmenté depuis les manifestations pro-démocratie de 2020. En septembre 2024, 1 959 personnes avaient été poursuivies dans le cadre de 1 305 affaires politiques. Parmi elles, 274 étaient accusées de lèse-majesté et 206 de piratage informatique.
Les plateformes de médias sociaux telles que Facebook, LINE, Twitter (X), Instagram et YouTube sont devenues la principale source de plaintes pour diffamation. procédures pénales En Thaïlande, les procédures sont formelles et peuvent durer plusieurs mois. Une intervention juridique rapide est essentielle.
8. Pressions internationales et propositions de réforme
Le régime thaïlandais de diffamation pénale fait l'objet de critiques constantes de la part des organisations internationales de défense des droits humains. ARTICLE 19 a publié en 2021 un rapport intitulé “ Dire la vérité : la diffamation pénale en droit thaïlandais et la nécessité d'une réforme ”, concluant que les dispositions relatives à la diffamation pénale sont incompatibles avec les normes internationales en matière de droits humains.
Le Comité des droits de l'homme des Nations Unies, dans son Observation générale n° 34, a exhorté tous les États à envisager la dépénalisation de la diffamation. Il a affirmé que les peines d'emprisonnement ne constituent jamais une sanction appropriée pour la diffamation. La Commission internationale de juristes a également appelé la Thaïlande à cesser d'utiliser le droit pénal pour restreindre la liberté d'expression.
La tendance mondiale à la dépénalisation favorise les réformes. La plupart des pays démocratiques ont opté pour des recours exclusivement civils. Cependant, en Thaïlande, aucune réforme significative ne s'est concrétisée. Les amendements de 2019 au Code pénal chinois relatifs aux poursuites-bâillons constituent un progrès limité. Les dispositions pénales fondamentales restent inchangées depuis 1992.
Toute personne vivant, travaillant ou créant du contenu en Thaïlande doit se conformer à la législation en vigueur aujourd'hui.
FAQ sur la diffamation en Thaïlande
Peut-on être emprisonné pour une publication Facebook en Thaïlande ?
Oui. En vertu de l'article 328, une publication diffamatoire sur Facebook peut entraîner jusqu'à deux ans d'emprisonnement et une amende de 200 000 bahts. Des poursuites supplémentaires au titre de l'article 14(1) de la loi sur la cybercriminalité peuvent ajouter jusqu'à cinq ans de prison. Consultez notre guide sur diffamation sur les réseaux sociaux pour plus de détails.
La vérité constitue-t-elle un moyen de défense contre la diffamation en Thaïlande ?
Seulement en partie. En vertu de l'article 330, la vérité ne constitue un moyen de défense que si la déclaration porte sur l'intérêt public. Les déclarations véridiques concernant des affaires privées restent passibles de poursuites. Voir notre analyse de moyens de défense en matière de diffamation.
Un étranger peut-il être accusé de diffamation en Thaïlande ?
Oui. Les lois thaïlandaises sur la diffamation s'appliquent à toute personne relevant de la juridiction thaïlandaise, quelle que soit sa nationalité. Les déclarations en ligne faites depuis l'étranger peuvent également être soumises à la juridiction thaïlandaise. Consultez notre guide pour les étrangers.
Quelle est la différence entre la diffamation pénale et la diffamation civile ?
La diffamation criminelle (articles 326 à 333) peut entraîner une peine d'emprisonnement et des amendes. La diffamation civile (articles 420 et 423 du Code pénal) donne lieu uniquement à une compensation financière. Une victime peut intenter les deux actions simultanément.
Combien de temps ai-je pour déposer une plainte en diffamation ?
En matière de diffamation pénale, le délai est de trois mois à compter de la découverte de l'infraction et de l'identité de son auteur. En matière de diffamation civile, le délai est d'un an à compter de la découverte de l'infraction ou de dix ans à compter de l'acte illicite.
Puis-je être poursuivi pour avoir partagé la publication diffamatoire de quelqu'un d'autre ?
Oui. Le partage ou la transmission d'une déclaration diffamatoire est considéré comme un acte de publication distinct au sens de l'article 328. L'auteur initial et la personne qui la partage peuvent tous deux faire l'objet de poursuites.
Conclusion : S'orienter dans le paysage juridique thaïlandais
Que vous soyez plaignant ou défendeur potentiel, consulter un avocat au plus tôt est la démarche la plus importante à entreprendre. Le droit thaïlandais de la diffamation est complexe. Il mêle procédures pénales et civiles, implique la loi sur la cybercriminalité et prévoit des moyens de défense subtils.
À ThaiLawOnline, Notre équipe cumule plus de 30 ans d'expérience dans le domaine thaïlandais. droit pénal et en matière de contentieux civil. Nous conseillons les expatriés, les entreprises, les créateurs de contenu et les médias sur tous les aspects du droit de la diffamation.
Si vous êtes accusé de diffamation ou envisagez de déposer une plainte, réserver une consultation en ligne avec un avocat thaïlandais qui comprend à la fois le cadre juridique et les réalités pratiques.
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- Article 19 sur les lois relatives à la diffamation en Thaïlande
- Guide gratuit et 10 conseils pour éviter la diffamation en Thaïlande par ThaiLawOnline
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