Dernière mise à jour : 18 juillet 2026
Les réseaux sociaux ont profondément modifié le risque de diffamation en Thaïlande. Ce qui se limitait autrefois à la presse écrite et à la télévision s'étend désormais à chaque publication Facebook, message LINE, story Instagram, vidéo TikTok et avis Google. Une simple déclaration en ligne peut entraîner de multiples poursuites pénales en vertu de différentes lois. Les peines encourues peuvent aller jusqu'à dix ans de prison, voire plus.

Ce guide explique comment la Thaïlande lois sur la diffamation Ce document s'applique aux contenus numériques. Il aborde la loi sur la cybercriminalité, les risques spécifiques à chaque plateforme, le problème du cumul des accusations et les mesures pratiques pour se protéger en ligne.
Table des matières
1. L’amplification numérique du risque de diffamation
Article 328 de la Code pénal thaïlandais La loi thaïlandaise définit la diffamation par “ publication ” de manière extensive. Les tribunaux thaïlandais ont confirmé que les publications sur les réseaux sociaux constituent une publication au sens de cette disposition. La Cour suprême a statué, dans sa décision n° 626/2563 (2020), que les publications sur Facebook constituent une “ publication ” et sont passibles des peines les plus sévères, à savoir jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 200 000 bahts d’amende.
La portée et la permanence des publications sur les réseaux sociaux posent des problèmes particuliers. Les tribunaux ont statué que le partage ou le commentaire de contenus potentiellement diffamatoires peut constituer un acte de publication distinct. Les captures d'écran de publications servent de preuves des années plus tard. Les contenus supprimés restent souvent récupérables grâce à l'analyse forensique numérique.
Un simple message peut toucher des milliers, voire des millions de personnes. Cela accroît considérablement le risque de poursuites pour diffamation par rapport à une conversation privée. Les conséquences juridiques sont donc proportionnellement plus graves.
2. La loi sur la cybercriminalité : articles 14 et 16
Loi originale : BE 2550 (2007)
La loi BE 2550 relative à la cybercriminalité a été promulguée en 2007 pour lutter contre ce fléau. Cependant, elle a rapidement été adoptée comme un outil supplémentaire pour poursuivre les cas de diffamation en ligne. Cette loi instaure une responsabilité pénale parallèle aux dispositions du Code pénal relatives à la diffamation.
Article 14(1) : Données informatiques fausses
L’article 14(1) érige en infraction le fait de saisir frauduleusement des données fausses ou falsifiées dans un système informatique, de manière à causer un préjudice à un tiers ou au public. La peine encourue est une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans et/ou une amende pouvant atteindre 100 000 bahts.
Article 14(2) : Données erronées portant atteinte à la sécurité nationale
L’article 14(2) concerne les données falsifiées qui portent atteinte à la sécurité nationale, à la sécurité publique, à la sécurité économique ou aux infrastructures publiques. Les peines sont plus sévères : jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et une amende de 100 000 bahts.
Article 16 : Diffamation par l’image
L'article 16 vise le téléchargement de l'image d'une personne sur un système informatique où cette image a été créée, modifiée ou manipulée de manière à porter atteinte à sa réputation. La peine encourue est une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à trois ans et/ou une amende pouvant atteindre 60 000 bahts. Cette disposition concerne les photos retouchées, les mèmes et les contenus visuels manipulés.
Amendement de 2017 : Loi (n° 2) BE 2560
La loi relative à la cybercriminalité a fait l'objet d'importantes révisions en 2017. Les amendements ont élargi le champ d'application de la loi initiale et renforcé les pouvoirs de répression. Ils comprennent des dispositions aggravantes permettant de multiplier les peines d'emprisonnement par dix ou vingt pour les infractions les plus graves. L'amendement a été adopté le 16 décembre 2016, publié au Journal officiel le 24 janvier 2017 et est entré en vigueur le 24 mai 2017.
La loi exige une “ intention malveillante ou frauduleuse ”, ce qui offre une certaine protection théorique. Cependant, les procureurs soutiennent souvent que la diffusion de fausses informations suffit à démontrer l'intention requise.
3. Le problème de l'empilement des charges
L'un des aspects les plus préoccupants de la loi thaïlandaise sur la diffamation en ligne est le cumul des accusations. Le parquet peut retenir plusieurs chefs d'accusation en vertu de différentes lois pour une seule publication en ligne. Une personne qui publie un commentaire diffamatoire sur Facebook pourrait ainsi se voir infliger :
- Article 328 du Code pénal : diffamation par publication (jusqu’à 2 ans)
- Article 14(1) de la loi sur la criminalité informatique : fausses données informatiques (jusqu’à 5 ans)
- Article 16 de la loi sur la cybercriminalité : diffamation par l’image, si des photos sont impliquées (jusqu’à 3 ans)
La durée de conservation théorique maximale d'une publication sur les réseaux sociaux peut atteindre dix ans, voire plus. Cette pratique de cumul des publications exerce une pression juridique considérable sur les accusés et est fréquemment utilisée pour obtenir des règlements à l'amiable ou des aveux de culpabilité.
Avant la modification de 2017, la loi sur la cybercriminalité était déjà utilisée pour aggraver les peines en parallèle droit pénal accusations. Les modifications apportées en 2017 ont rendu cette pratique encore plus efficace.
4. Risques spécifiques à la plateforme en Thaïlande
Facebook domine les réseaux sociaux thaïlandais avec 951 millions d'utilisateurs actifs parmi les entreprises. Il est la principale cible des poursuites pour diffamation. Les publications publiques, les commentaires sur les publications d'autrui et les contenus partagés au sein de groupes ont tous donné lieu à des poursuites pénales. La Cour suprême a explicitement confirmé que les publications Facebook constituent une ’ publication “ au sens de l'article 328.
DOUBLER
LINE est la plateforme de messagerie la plus populaire de Thaïlande. De nombreux utilisateurs pensent que les messages privés sur LINE sont sécurisés. C'est une erreur. Les conversations privées peuvent être partagées avec d'autres personnes par leurs destinataires. Les captures d'écran de messages LINE partagées sont couramment admises comme preuves devant les tribunaux. Les discussions de groupe avec plusieurs participants constituent clairement une communication “ devant un tiers ” au sens de l'article 326.
Instagram, TikTok et YouTube
Les plateformes visuelles présentent des risques supplémentaires en vertu de l'article 16 de la loi sur la cybercriminalité. Les images manipulées, les commentaires vidéo concernant des personnes identifiables, et même les légendes accompagnant des photos peuvent tous entraîner des poursuites pour diffamation et en vertu de la loi sur la cybercriminalité. Les créateurs de contenu ayant une large audience font l'objet d'une surveillance accrue en raison des dommages potentiels à leur réputation.
Avis Google et TripAdvisor
Les avis négatifs sur les entreprises constituent une source croissante de plaintes en diffamation. Même des plaintes factuelles peuvent être considérées comme diffamatoires si elles portent atteinte à la réputation d'une entreprise. Les plateformes d'avis n'offrent aucune immunité en vertu du droit thaïlandais.
5. L’obligation de retrait sous 24 heures
En Thaïlande, l'obligation de retrait sous 24 heures impose aux plateformes de médias sociaux de supprimer certains contenus dans les 24 heures suivant la notification gouvernementale. Cette obligation les incite à surveiller et à supprimer proactivement les contenus potentiellement diffamatoires.
Le système de retrait de contenu permet aux autorités de réagir rapidement. Cela signifie également que le contenu que vous publiez peut être signalé et supprimé très rapidement. Cependant, le retrait n'empêche pas les poursuites pénales. Même si le contenu est retiré, la publication originale peut toujours donner lieu à une accusation de diffamation.
6. Litiges stratégiques et choix du forum.
La loi sur la cybercriminalité autorise le dépôt de plaintes dans toute juridiction où le contenu est accessible. Étant donné que le contenu en ligne est accessible partout en Thaïlande, les plaignants peuvent choisir le commissariat ou le tribunal où déposer plainte. Cela favorise le “ forum shopping ”.”
Il arrive que les plaignants déposent leurs plaintes dans des provinces éloignées du domicile du défendeur. Ce dernier est alors contraint de parcourir de longues distances pour les procédures judiciaires. Cette tactique est utilisée de manière stratégique afin d'alourdir le fardeau financier et logistique qui pèse sur les défendeurs.
L'activiste écologiste Suraphan Rujichaiwat a fait l'objet de poursuites pour abus de confiance dans plusieurs provinces, dont Phuket, alors qu'il réside dans le nord de la Thaïlande. Ce cas illustre comment le choix du tribunal peut être utilisé pour harceler les accusés au sein du système judiciaire thaïlandais.
7. Responsabilité des intermédiaires pour les plateformes et les fournisseurs d'accès Internet
Les fournisseurs d'accès à Internet et les exploitants de plateformes s'exposent à des poursuites en vertu de la loi sur la cybercriminalité s'ils ne retirent pas les contenus diffamatoires après en avoir été informés. Les amendements de 2017 ont renforcé les pouvoirs du gouvernement en matière de retrait de contenus et de blocage de sites web. Le non-respect de ces dispositions est passible de sanctions spécifiques.
Cela signifie que les opérateurs de plateformes en Thaïlande sont fortement incités à se conformer aux demandes de retrait de contenu. Cela signifie également que le contenu peut être supprimé sans que son auteur en soit averti ni ait la possibilité de répondre.
8. Preuves numériques dans les affaires de diffamation
Les preuves numériques jouent un rôle central dans les affaires de diffamation en ligne. Les tribunaux thaïlandais acceptent les captures d'écran, les historiques de conversations, les archives de sites web et les rapports d'expertise numérique. Les contenus supprimés sont souvent récupérables. Les métadonnées, notamment les horodatages, les adresses IP et les informations sur l'appareil, peuvent permettre d'identifier l'auteur de publications anonymes.
Le gouvernement thaïlandais a mis en place des unités spécialisées dans la cybercriminalité qui surveillent activement les réseaux sociaux. Ces unités disposent des moyens techniques nécessaires pour suivre les contenus en ligne et identifier leurs auteurs. La Division de répression des crimes technologiques (TCSD) de la police traite de nombreuses enquêtes pour diffamation numérique.
9. Bonnes pratiques sur les médias sociaux pour éviter la diffamation
Les expatriés et les entreprises opérant en Thaïlande devraient adopter des pratiques défensives sur les réseaux sociaux :
- Veuillez relire avant de publier : Tenez compte des répercussions potentielles sur la réputation de toute personne ou organisation mentionnée. Évitez de nommer des personnes spécifiques dans un contexte négatif.
- Restreindre les paramètres de confidentialité : Limitez la visibilité de vos publications. N'oubliez pas que les publications “ privées ” peuvent servir de preuve si leurs destinataires les partagent.
- Documentez vos sources : Conservez une trace écrite des faits et des sources de toutes vos affirmations en ligne. Il incombe aux défendeurs de prouver la véracité et la bonne foi de leurs allégations.
- Évitez les spéculations : Ne partagez pas d'affirmations non vérifiées. Des expressions comme “ prétendument ” ou “ à mon avis ” n'offrent que peu de protection juridique en droit thaïlandais.
- Comprendre le contexte culturel : Des propos acceptables dans les pays occidentaux peuvent être considérés comme diffamatoires en Thaïlande. Évitez d'aborder la monarchie, les hauts responsables gouvernementaux ou les sujets politiques sensibles.
- Ne jamais partager ni retweeter sans prudence : Le partage de contenu diffamatoire est considéré comme un acte de publication distinct. Des poursuites peuvent être engagées indépendamment de l'auteur initial.
Pour une analyse complète des moyens de défense légaux à votre disposition si vous êtes inculpé, consultez notre guide sur moyens de défense en matière de diffamation et décisions de la Cour suprême.
10. Avis sur les entreprises et plaintes des consommateurs
Les avis négatifs en ligne constituent une source croissante de plaintes pour diffamation en Thaïlande. Les avis publiés sur Google, TripAdvisor, Facebook et les sites d'avis spécialisés peuvent tous donner lieu à des poursuites.
Si vous avez une plainte légitime à formuler à l'encontre d'une entreprise, protégez-vous en :
- Limitez votre déclaration aux faits vérifiables.
- Éviter le langage émotionnel ou les attaques personnelles.
- Envisager les voies de recours officielles avant de rendre l'affaire publique.
- Conservez des preuves de votre expérience (reçus, photos, correspondance).
Les entreprises doivent également savoir comment utiliser les recours en diffamation et s'en défendre. Consultez notre guide sur le sujet. lois sur la fraude et l'escroquerie pour les protections connexes.
11. Foire aux questions
Est-il possible de payer pour un message privé sur LINE ?
Oui, si le destinataire partage le message avec un tiers. Les discussions de groupe avec plusieurs participants constituent également une communication “ devant un tiers ” au sens de l’article 326.
Les publications supprimées sur les réseaux sociaux peuvent-elles encore donner lieu à des poursuites judiciaires ?
Oui. Le contenu supprimé est souvent récupérable grâce à l'analyse forensique numérique. Les captures d'écran prises avant la suppression sont généralement admises comme preuves. Supprimer une publication n'exonère pas de toute responsabilité.
La loi sur la cybercriminalité s'applique-t-elle aux étrangers ?
Oui. La loi sur la cybercriminalité s'applique à toute personne dont le contenu est accessible en Thaïlande. Cela inclut le contenu créé et publié depuis l'étranger.
Est-il possible de payer pour avoir aimé ou partagé la publication de quelqu'un d'autre ?
Le partage est clairement considéré comme un acte de publication distinct. Le simple fait d'aimer une publication est plus ambigu, mais le droit thaïlandais est interprété de manière extensive. La prudence recommande d'éviter tout contenu potentiellement diffamatoire.
Que dois-je faire si je reçois une plainte pour diffamation concernant une publication en ligne ?
Consultez immédiatement un avocat thaïlandais qualifié. Ne faites aucune autre déclaration publique à ce sujet. Conservez toutes les preuves. Voir notre guide pratique pour les étrangers pour les protocoles d'urgence détaillés.
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Liens : – Ministère de l'Économie et de la Société numériques de Thaïlande
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