Infographie sur l'usufruit en Thaïlande

64 décisions de la Cour suprême sur l'usufruit en Thaïlande (1936-2022)

Dernière mise à jour le 17 juillet 2026

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Points clés à retenir

Nous conservons la base de données la plus complète des décisions de la Cour suprême de Thaïlande en matière d'usufruit (สิทธิเก็บกิน). Elle comprend 64 décisions rendues entre 1936 et 2022 et a été mise à jour en 2026. Ces décisions sont organisées en 12 thèmes et couvrent le droit d'usufruit, l'enregistrement, le droit des donations, les interactions liées aux baux, les testaments, la copropriété, les droits du propriétaire, la durée, les questions fiscales, les biens des temples, les biens matrimoniaux et les procédures. Aucun autre cabinet d'avocats en Thaïlande ne propose une analyse jurisprudentielle aussi exhaustive en anglais sur l'usufruit.

Article rédigé par Sébastien H. Brousseau et Wichuda Atthamethakon | ThaiLawOnline.com. Spécialisés en droit de l'usufruit depuis 2006.

Pourquoi les décisions de justice sont importantes pour votre usufruit

La Thaïlande est un pays de droit civil. Les décisions de la Cour suprême n'ont pas force de jurisprudence comme dans les pays de common law. Elles n'en demeurent pas moins fortement persuasives.

Les tribunaux inférieurs et provinciaux suivent généralement les modèles établis par la Cour suprême. Lorsqu'ils doivent trancher des litiges similaires, ils s'appuient sur ces décisions.

Comprendre la jurisprudence permet de savoir comment les tribunaux traiteront vos droits d'usufruit en pratique. Un arrêt de la Cour suprême relatif au pouvoir conféré par l'article 1417 établit une norme. Les tribunaux provinciaux s'y conforment lorsqu'ils statuent sur des cas comparables. En connaissant les décisions rendues par les tribunaux, vous pouvez anticiper les issues possibles et consolider votre position.

Les 64 décisions de notre base de données retracent l'évolution du droit de l'usufruit sur près de 90 ans. Les premières décisions (1936-1950) ont précisé si l'enregistrement était obligatoire. Les décisions de la période intermédiaire (1950-1990) ont établi des liens avec les baux, les donations et les biens matrimoniaux. Les décisions récentes (1990-2022) traitent de situations contemporaines : retenue à la source, usufruit des copropriétés et transferts frauduleux.

1. Pouvoir de l'usufruitier (article 1417)

Le Code civil confère aux usufruitiers de larges pouvoirs de gestion. La jurisprudence de la Cour suprême précise la portée de ces pouvoirs et indique dans quelles circonstances les propriétaires conservent la qualité pour agir.

Décision 15033/2555 (2012) : L’usufruit contrôle l’expulsion des locataires

Un propriétaire et deux personnes détenaient un usufruit viager. Suite au défaut de paiement de loyer des locataires, le propriétaire a intenté une action en expulsion. La Cour a jugé que l'expulsion relevait exclusivement du pouvoir de l'usufruitier en vertu de l'article 1417. Le propriétaire n'avait pas qualité pour agir. Seul l'usufruitier pouvait procéder à l'expulsion. Cette décision établit que les propriétaires ne peuvent se soustraire à l'usufruit.

Décision 2428/2518 (1975) : L’usufruitier peut expulser sans l’autorisation du propriétaire

Un usufruitier a intenté une action en expulsion contre des locataires. Le défendeur s'y est opposé au motif que le propriétaire était mineur. L'autorisation du tribunal pour enfants était requise. La Cour suprême a jugé qu'une telle autorisation n'était pas nécessaire. Le pouvoir de gestion de l'usufruitier est indépendant de l'âge du propriétaire. La qualité pour agir de l'usufruitier ne dépend pas de la capacité du propriétaire.

Décision 3019/2528 (1985) : L’expulsion est assimilée à la gestion immobilière

Un usufruitier a cherché à expulser des locataires ayant manqué à leurs obligations contractuelles. Le propriétaire a soutenu que seul le propriétaire pouvait procéder à une expulsion. Le tribunal a confirmé que l'expulsion relève de la “ gestion immobilière ” et est expressément autorisée par l'article 1417. L'usufruitier est donc pleinement habilité à faire respecter les clauses du bail et à expulser les locataires.

Décision 807/2503 (1960) : L’usufruit viager confère des droits de perception des loyers

Une mère a transmis un terrain à ses enfants, conservant un usufruit viager. Elle louait ce terrain à des fermiers. Un litige est survenu concernant les droits de perception des loyers. Le tribunal a jugé que seule la mère, en tant qu'usufruitière, pouvait louer le terrain et percevoir les loyers. Les enfants, propriétaires nominaux, n'avaient aucun droit d'intervenir pendant l'usufruit viager de la mère.

Décision 7341/2542 (1999) : L’usufruit en part partielle comprend toutes les structures

Un terrain a été partagé entre les héritiers. L'un d'eux détenait l'usufruit d'une part indivise de 50%. Cet héritier revendiquait le droit de gérer toutes les constructions présentes sur le terrain. Le tribunal a jugé que l'usufruit d'une part indivise incluait les droits de gestion sur toutes les constructions, y compris les bâtiments appartenant à la part indivise.

Décision 4470/2528 (1985) : Le propriétaire peut encore intenter une action en dommages-intérêts pour préjudice corporel

Alors qu'un usufruitier gérait un terrain, le propriétaire a subi un préjudice du fait de sa négligence. Ce dernier a intenté une action en dommages-intérêts. Le défendeur a prétendu que l'usufruitier exerçait un contrôle effectif sur la propriété. La Cour a jugé que les propriétaires conservent le droit d'agir en responsabilité civile délictuelle. Les droits de gestion n'excluent pas le droit du propriétaire de demander réparation pour le préjudice subi.

2. Enregistrement vs. Droit personnel (article 1299)

Une question majeure en droit thaïlandais de l'usufruit est celle de la validité des conventions non enregistrées. La jurisprudence clarifie la distinction entre droits enregistrés (réels) et droits non enregistrés (personnels).

Décision 4446/2543 (2000) : L’usufruit oral crée un droit personnel valable

Un propriétaire a consenti verbalement à accorder un usufruit viager, mais ne l'a jamais fait enregistrer. Il a ensuite tenté d'expulser son occupant. La Cour suprême a jugé qu'un accord verbal crée un droit personnel valable en vertu de l'article 1299. L'usufruit non enregistré empêche l'expulsion. Cependant, ce droit personnel n'est pas opposable aux tiers. En cas de vente du terrain, le nouvel acquéreur n'est pas tenu de reconnaître l'usufruit non enregistré.

Décision 2380/2542 (1999) : Droit d’exiger l’enregistrement

Un usufruit non enregistré existait depuis des décennies. L'usufruitier a intenté une action en justice pour contraindre le propriétaire à l'enregistrer. La Cour a jugé qu'un usufruit oral crée un droit personnel d'exiger son enregistrement. Si le propriétaire refuse, l'usufruitier peut demander l'enregistrement obligatoire. Ceci comble le fossé entre les droits non enregistrés et les droits enregistrés.

Décision 679/2514 (1971) : Accord transactionnel et délai de prescription

Les parties ont réglé leur différend à l'amiable. Cet accord a créé un usufruit qui n'a jamais été enregistré. Des années plus tard, le propriétaire a prétendu que ce droit s'était éteint. Le tribunal a jugé que cet accord avait créé un droit personnel d'exiger l'enregistrement. Ce droit est soumis à un délai de prescription de dix ans, et non d'un an. La reconnaissance continue du droit par le propriétaire interrompt également le délai de prescription.

Décision 1256/2519 (1976) : L’usufruit non enregistré demeure valide

Un propriétaire avait concédé un usufruit oralement sans jamais l'enregistrer. À son décès, la succession a contesté la validité de cet usufruit. La Cour a jugé qu'un usufruit non enregistré n'est pas nul. Il demeure un droit personnel valable opposable au propriétaire et à ses héritiers. S'il est enregistré ultérieurement, il devient un droit réel prenant effet dès son enregistrement.

Décision 1013/2485 (1942) : Première décision relative à l’usufruit en tant que droit réel

Cet arrêt de 1942 est l'un des premiers arrêts de la Cour suprême relatifs à l'usufruit. Il établit que l'usufruit est un droit réel. Son inscription est requise pour être opposable aux tiers. Cette décision fondatrice a posé les bases de toute la jurisprudence ultérieure. Elle distingue l'usufruit enregistré (réel) de l'usufruit non enregistré (personnel).

3. Cadeau avec charge (การให้โดยมีค่าภาระติดพัน)

Lorsqu'un parent fait don d'un terrain en conservant un usufruit, une question se pose : s'agit-il d'une véritable donation ou d'une donation assortie d'une charge ? Cela a une incidence sur la possibilité de révoquer la donation pour ingratitude.

Décision 1516/2525 (1982) : Un don grevé d'une charge ne peut être révoqué

Un parent a fait don d'un terrain et en a conservé l'usufruit viager. Il recevait également 30 sacs de riz par an. Des années plus tard, le parent a prétendu que l'enfant était ingrat et a demandé la révocation du don. Le tribunal a jugé qu'il s'agissait d'un don assorti d'une charge. Conformément aux articles 528 et 529, de tels dons ne peuvent être révoqués pour ingratitude. Le parent a reçu une contrepartie suffisante.

Décision 2651/2543 (2000) : Révocation de la donation de barres d’usufruit du parent

Un parent a fait donation d'un terrain avec usufruit viager. L'enfant s'est ensuite montré ingrat. Le parent a alors demandé la révocation de la donation. La Cour a confirmé que l'usufruit rendait la révocation impossible. Une donation n'est révocable pour ingratitude que si elle est simple. En l'espèce, le donateur a conservé l'usufruit comme un avantage continu.

Décision 10344/2551 (2008) : Accord oral relatif à la récolte des fruits

Les parents ont partagé une terre entre leurs héritiers, mais ont conservé un droit oral non enregistré de percevoir les loyers et de récolter les fruits. Les enfants ont ensuite tenté de s'y opposer. Le tribunal a jugé que l'accord oral des parents constituait une donation avec charge. Bien que non enregistré, ce droit de récolte, assimilable à un usufruit, était contraignant et ne pouvait être révoqué.

Décision 3020/2537 (1994) : Distinction entre don et rémunération

Un parent a fait donation d'un terrain et en a conservé l'usufruit. L'enfant a prétendu que le parent recevait une compensation. La Cour a établi une distinction entre une donation assortie d'une charge et une donation à titre de véritable rémunération. Le maintien de l'usufruit ne transforme pas nécessairement une donation en vente. L'intention générale et la contrepartie déterminent la qualification de la donation.

4. Interaction entre l'usufruit et le bail

L'usufruit confère de larges droits de gestion, semblables à ceux d'un bail. La jurisprudence établit les modalités d'articulation entre l'usufruit et les baux enregistrés. Elle précise les conséquences du décès des parties ou d'un changement de situation.

Décision 2297/2541 (1998) : DÉCISION MARQUANTE. Le bail survit au décès de l'usufruitier

Un usufruitier s'est vu octroyer un bail emphytéotique de 30 ans. L'usufruitier décède pendant la durée du bail. Le bail prend-il fin ? La Cour suprême a tranché définitivement : le bail ne prend pas fin. Le propriétaire hérite de l'obligation de respecter le bail. Cette décision historique a établi que les baux consentis par des usufruitiers lient les propriétaires ultérieurs. Elle a profondément modifié la manière dont les tribunaux traitent l'usufruit et les obligations contractuelles des tiers liées aux baux.

Décision 6278/2537 (1994) : Décès simultané de l'usufruitier et du propriétaire

Un usufruitier avait consenti un bail. L'usufruitier et le propriétaire initial sont décédés pendant la durée du bail. Leurs héritiers ont hérité du terrain. Ces derniers ont contesté la validité du bail, arguant du décès des deux parties. Le tribunal a jugé que les héritiers avaient hérité à la fois du terrain et des obligations liées au bail. La succession de la propriété entraîne la succession des obligations liées au bail.

Décision 498/2536 (1993) : Un bail préexistant lie les propriétaires ultérieurs

Un bail a été enregistré avant la création d'un usufruit. Ce bail lie-t-il le nouvel acquéreur en cas d'extinction de l'usufruit ? La Cour a confirmé qu'en vertu de l'article 569 du Code civil, les baux antérieurs lient les acquéreurs postérieurs. L'usufruit ne modifie pas le caractère obligatoire des baux antérieurs.

Décision 1077/2540 (1997) : Changement d’affectation des baux et droit agricole

Un locataire a conclu un bail pour la culture du riz en vertu de la Loi sur les baux fonciers agricoles. Il a ensuite changé d'affectation pour se consacrer à la pisciculture. La Loi est-elle toujours applicable ? La Cour a jugé que le changement d'affectation, de la riziculture à la pisciculture, entraîne la cessation de l'application de la Loi. Le bail relève des dispositions ordinaires et non des protections agricoles.

5. Usufruit créé par testament

Les testaments accordent fréquemment des usufruits, souvent assortis d'un droit d'habitation. La jurisprudence précise comment les tribunaux interprètent les dispositions testamentaires et leurs conséquences sur les droits successoraux.

Décision 7199/2552 (2009) : Testament attribuant l’habitation et l’usufruit

Un testament accordait à un bénéficiaire le droit d'“ habiter et d'usufruiter ” un immeuble commercial sa vie durant. Le liquidateur successoral a soutenu que le testateur entendait lui conférer la pleine propriété. Le tribunal a jugé que le testament prévoyait l'habitation et l'usufruit, et non la propriété. Le bénéficiaire avait le droit d'habiter et de gérer le bien. La propriété restait acquise à la succession.

Décision 305/2489 (1946) : Le gestionnaire immobilier ne peut pas louer après la livraison

Un testament a créé un usufruit sur un immeuble commercial. Après la transmission de l'usufruit à l'usufruitier, le gérant a tenté de louer le bien. Le tribunal a jugé qu'une fois l'usufruit transmis, le pouvoir du gérant s'éteint. Seul l'usufruitier peut consentir des baux. Le gérant ne peut donc plus louer un bien sur lequel un usufruit a été transféré.

Décision 1516/2503 (1960) : Défaut de Temple de faire valoir ses droits dans un délai de 10 ans

Un testament léguait un terrain à un temple et accordait l'usufruit à une grand-mère à vie. Cette dernière exerça l'usufruit pendant plus de dix ans. Après son décès, le temple revendiqua la propriété du terrain. Le droit de propriété du temple était-il caduc du fait de la longue période d'exercice de l'usufruit par la grand-mère ? La Cour a suggéré que l'absence de revendication de propriété par le temple pendant plus de dix ans valait reconnaissance tacite.

6. Copropriété et usufruit

Lorsqu'un terrain appartient à plusieurs copropriétaires, l'un d'eux peut-il accorder l'usufruit ? La jurisprudence précise les exigences en matière de consentement.

Décision 283/2498 (1955) : Un copropriétaire ne peut agir seul

Un copropriétaire a tenté d'octroyer un usufruit sans le consentement des autres copropriétaires. Ces derniers s'y sont opposés. Le tribunal a jugé qu'un copropriétaire ne peut octroyer un usufruit sur un bien indivis sans le consentement unanime des autres copropriétaires. L'usufruit constitue une charge substantielle et requiert l'accord de tous. L'acte unilatéral d'un copropriétaire est nul.

Décision 887/2538 (1995) : L’avis du Département des terres n’est qu’un avis consultatif.

Le service du cadastre a émis un avis sur les droits des copropriétaires. Les parties s'en sont fondées. Le tribunal a statué qu'un avis du service du cadastre n'a qu'une valeur consultative et n'est pas contraignant. La décision finale appartient à l'officier d'enregistrement. Les litiges sont tranchés en dernier ressort par le tribunal, conformément aux dispositions légales. Le consentement de tous les copropriétaires est requis.

7. Droits du propriétaire pendant l'usufruit effectif

L'usufruit confère de larges droits de gestion, mais ne transfère pas la propriété. Quels droits conserve le propriétaire ?

Décision 2783/2516 (1973) : Le propriétaire peut vendre pendant l’usufruit.

Un propriétaire titulaire d'un usufruit a tenté de vendre son bien. L'acheteur s'y est opposé, arguant que l'usufruit rendait le bien invendable. Le tribunal a jugé que le propriétaire conservait le droit de vendre. L'acheteur acquiert le terrain sous réserve de l'usufruit existant. L'usufruit n'empêche pas la vente ; il oblige simplement l'acheteur à respecter les droits de l'usufruitier.

8. Durée, absence d'exercice et limitation

L’usufruit non exercé s’éteint-il ? La jurisprudence établit la distinction entre la prescription générale et les délais spécifiques d’usufruit.

Décision 1548/2503 (1960) : L’absence d’exercice n’entraîne pas la déchéance

L'usufruitier n'a jamais exercé son droit pendant sept à huit ans. Le propriétaire a prétendu que le droit s'était éteint par défaut d'exercice. La Cour a jugé qu'un usufruit ne s'éteint pas par défaut d'exercice. Le délai de prescription applicable est le délai général de dix ans. L'article 1428 s'applique au recouvrement des fruits ou des revenus, et non au droit lui-même.

Décision 4074/2536 (1993) : Perte d’usufruit minier après une période prolongée de non-exploitation

Une société détenait un usufruit minier et a omis d'en informer le propriétaire pendant près de 20 ans. Ce dernier a invoqué la caducité de son droit. Le tribunal a jugé que le défaut prolongé d'exercice, conjugué au manquement à l'obligation de notification, impliquait un abandon. Si le simple fait de ne pas exercer un usufruit n'entraîne pas sa caducité, l'abandon, associé à une violation des dispositions légales, peut entraîner la caducité des usufruits spécialisés.

9. Questions fiscales et de recettes

Les décisions modernes traitent du traitement de l'usufruit en matière de retenue à la source et de répartition des revenus.

Décision 575/2560 (2017) : Retenue d’impôt et revenu réel

P. a loué un terrain à la société B et a accordé un usufruit enregistré à ses petits-enfants. Le service du cadastre a émis des certificats de retenue d'impôt mentionnant les petits-enfants. P. a contesté ces certificats, arguant qu'il était le véritable bénéficiaire des revenus. Le tribunal a statué que les certificats fiscaux doivent refléter le bénéficiaire économique réel des revenus. Même si un usufruit est enregistré au nom des petits-enfants, si P. perçoit des loyers et n'a pas cédé le droit dans les faits, P. est le véritable bénéficiaire des revenus à des fins fiscales.

10. Temple et biens religieux

Les tribunaux thaïlandais appliquent des règles spéciales lorsque l'usufruit concerne la propriété du temple (ที่ธรณีสงฆ์).

Décision 5528/2533 (1990) : Priorité de la loi sur les dons aux temples et aux sanghas

P. a fait don d'un terrain à un temple et a enregistré un usufruit viager pour son épouse. Le terrain est devenu propriété du temple. Par la suite, le temple et l'épouse se sont disputés les droits de gestion. Le tribunal a statué que, dès lors qu'un terrain est donné à un temple, il devient sa propriété en vertu de la loi sur le Sangha. Les droits du temple et le droit du Sangha prévalent sur les revendications individuelles d'usufruit. L'usufruit de l'épouse était valide, mais subordonné à l'autorité du temple.

Décision 1906/2519 (1976) : Comité de gestion du domaine du Temple Property

Un testament a créé un usufruit sur un bien destiné à un temple. Un litige est survenu quant à la gestion de ce bien pendant la durée de l'usufruit. Le tribunal a confirmé la nomination d'un comité de gestion successorale. Il a reconnu que les biens d'un temple requièrent une gouvernance particulière en vertu du droit bouddhique.

11. Mariage et droits du conjoint

L’usufruit peut interagir avec les régimes matrimoniaux. Les décisions de justice précisent comment les droits du conjoint sont affectés.

Décision 818/2546 (2003) : Don du mari à l’épouse pendant le mariage

Un mari a fait don de sept parcelles de terrain à son épouse pendant leur mariage. Le régime de l'article 1469 s'applique-t-il ? La Cour a jugé que le don d'un mari à son épouse pendant le mariage est soumis à l'article 1469. Ce don peut être qualifié de bien commun selon le régime choisi par les époux. La Cour a examiné les intentions des parties et la structure du don.

Décision 6552/2538 (1995) : Transfert d'usufruit de l'épouse

Une épouse détenait un usufruit viager enregistré. Elle a fait enregistrer un transfert à son fils. Le mari a contesté ce transfert, arguant qu'il violait les règles du régime matrimonial. La Cour a jugé que l'usufruit de l'épouse constitue un bien propre. Elle peut, par donation ou transfert, transmettre ses droits d'usufruit à son fils dans le cadre de son devoir moral envers sa famille. Le consentement du conjoint n'est pas requis, sauf si le transfert contrevient au régime matrimonial.

12. Procédure et divers

Les décisions portent sur la compétence des tribunaux, l'autorité de la chose jugée, les frais de justice et autres questions de procédure.

Décision 7956/2557 (2014) : Demande d'usufruit en tant que cause sans valeur patrimoniale

Un usufruitier a intenté une action uniquement en reconnaissance de ses droits d'usufruit. Aucun dommage matériel spécifique n'a été réclamé. Le tribunal a qualifié cette affaire de “ sans valeur patrimoniale ” pour le calcul des frais de justice. Les litiges relatifs à l'usufruit ne sont pas évalués en fonction de la valeur foncière, mais en fonction du droit légal lui-même. Cela peut permettre de réduire les frais de justice.

Décision 8458/2558 (2015) : L’autorité de la chose jugée s’applique aux litiges en matière d’usufruit

Un litige relatif à l'usufruit a été tranché par un tribunal provincial. L'une des parties a intenté une action identique devant un autre tribunal. La Cour suprême a statué que l'autorité de la chose jugée s'applique. Lorsqu'un tribunal a tranché un litige relatif à l'usufruit entre les mêmes parties, sur la base des mêmes faits et des mêmes questions de droit, cette décision est définitive. La seconde action est irrecevable.

Décision 2775/2565 (2022) : Vérifier la validité en cas de défaillance du bail sous-jacent

Un usufruitier percevait des chèques mensuels au titre des redevances d'usufruit. Le bail sous-jacent est devenu inexécutable. Les chèques sont-ils toujours valides ? La Cour a jugé que les chèques ne sont pas automatiquement caducs en cas de défaillance de l'obligation sous-jacente. Ils demeurent des instruments commerciaux valides. Si l'obligation de paiement des redevances d'usufruit est inexécutable, les chèques ne peuvent être encaissés. Toutefois, ils restent valides. Il s'agit de la décision la plus récente de la Cour suprême figurant dans notre base de données (2022).

Index complet des 64 décisions

Vous trouverez ci-dessous l'index chronologique complet des 64 décisions de la Cour suprême relatives à l'usufruit dans la base de données ThaiLawOnline (1936-2022) :

# Décision n°. Année (BE/CE) Catégorie principale
1 754/2479 1936 Criminalité/Ministère
2 1283/2480 1937 Inscription
3 1013/2485 1942 Enregistrement/Droit réel
4 305/2489 1946 Testament/Homologation
5 283/2498 1955 Copropriété
6 1243/2499 1956 De procédure
7 807/2503 1960 Énergie/Loyer usufruitier
8 1516/2503 1960 Biens testamentaires/du temple
9 1548/2503 1960 Durée/Limitation
10 223/2507 1964 Don/Charge
11 597/2508 1965 Héritage
12 984/2509 1966 Droits des locataires
13 1628/2511 1968 Testament/Homologation
14 2004/2511 1968 Biens matrimoniaux/Donation
15 679/2514 1971 Enregistrement/Limitation
16 2783/2516 1973 Droits du propriétaire/Vente
17 2498/2516 1973 Criminel
18 299/2518 1975 Litige de frontière
19 2428/2518 1975 Pouvoir d'usufruit/Expulsion
20 1256/2519 1976 Inscription/Validité
21 1906/2519 1976 Propriété du temple
22 2440/2520 1977 Bâtiment/Fracture
23 1516/2525 1982 Cadeau grevé
24 3019/2528 1985 Pouvoir d'usufruit/Expulsion
25 4470/2528 1985 Droits du propriétaire en matière de responsabilité délictuelle
26 539/2532 1989 Validité du testament
27 4156/2532 1989 Divorce/Don
28 5528/2533 1990 Propriété du temple
29 342/2534 1991 Gestion immobilière
30 5952/2534 1991 Cadeau/Ingratitude
31 422/2535 1992 Statut d'expulsion
32 3545/2535 1992 Construction
33 498/2536 1993 Transfert de bail
34 4074/2536 1993 Droit minier/caduc
35 1188/2537 1994 Droits d'eau
36 3020/2537 1994 Caractérisation du don
37 6278/2537 1994 Le bail survit à la mort
38 887/2538 1995 Inscription des copropriétaires
39 6552/2538 1995 Biens matrimoniaux
40 1077/2540 1997 bail agricole
41 8342/2540 1997 Contrat de vente
42 2297/2541 1998 Le bail survit à la mort (LANDMARK)
43 1463/2542 1999 Condominium
44 2380/2542 1999 Demande d'enregistrement
45 3247/2542 1999 Personne incompétente
46 3602/2542 1999 Bail/Usufruit
47 5334/2542 1999 État d'appel
48 7341/2542 1999 Structures/Composants
49 2651/2543 2000 Don/Non révocable
50 4446/2543 2000 Droit oral/personnel
51 6627/2544 2001 Perception des loyers
52 7688/2544 2001 De procédure
53 818/2546 2003 Cadeau pour conjoint
54 5672/2546 2003 Servitude
55 9131/2551 2008 Conditions relatives aux cadeaux
56 10344/2551 2008 Donation/Charge orale
57 7199/2552 2009 Testament/Habitation
58 15033/2555 2012 Pouvoir usufruitier (LANDMARK)
59 7956/2557 2014 Frais de justice
60 5537/2558 2015 Transfert scolaire
61 8458/2558 2015 Res Judicata
62 575/2560 2017 Impôts/Recettes
63 1074/2560 2017 Transfert frauduleux
64 2775/2565 2022 Chèque/Location (LE PLUS RÉCENT)

Comment ThaiLawOnline utilise ces décisions

Notre base de données est mise à jour régulièrement (chaque semaine). Lors de la rédaction de cet article, elle contenait 64 arrêts de la Cour suprême couvrant 85 ans de droit de l'usufruit. Il s'agit de la collection en langue anglaise la plus détaillée disponible. À notre connaissance, aucun autre cabinet d'avocats en Thaïlande ne possède une analyse jurisprudentielle aussi approfondie en matière d'usufruit (สิทธิเก็บกิน). Nous disposons de plus de 80 000 décisions et documents. Cour suprême de Thaïlande.

Lorsque nous conseillons nos clients sur la structuration de l'usufruit, nous nous appuyons sur cette base de données. Nous identifions les précédents pertinents et anticipons les difficultés potentielles. Par exemple, si un client souhaite faire donation d'un terrain tout en conservant un usufruit viager, nous nous référons à la décision 1516/2525 (1982). Celle-ci confirme que l'usufruit empêche la révocation de la donation. Si un client loue un terrain en tant qu'usufruitier, nous consultons la décision 2297/2541 (1998). Celle-ci lui assure que le bail lui survivra et sera opposable à ses héritiers.

Sébastien H. Brousseau a créé la base de données jurisprudentielles ThaiLawOnline. Spécialisé en droit civil, il possède plus de 20 ans d'expérience en droit de l'usufruit et en droit immobilier thaïlandais. Wichuda Atthamethakon, co-auteur de l'ouvrage, apporte son expertise locale et sa connaissance approfondie du système judiciaire thaïlandais. Ensemble, ils ont traduit et analysé chaque décision afin d'en extraire des principes juridiques applicables aux clients, praticiens et chercheurs anglophones.

Foire aux questions

Combien existe-t-il de décisions de la Cour suprême concernant l'usufruit en Thaïlande ?

En 2022, nous tenions à jour une base de données de 64 arrêts de la Cour suprême relatifs à l'usufruit, rendus entre 1936 et 2022, soit 85 ans de jurisprudence. Il s'agit du recueil le plus complet disponible en anglais. Les arrêts sont organisés en 12 thèmes et couvrent le droit d'usufruit, l'enregistrement, le droit des donations, les interactions avec les baux, les testaments, la copropriété, les droits du propriétaire, la durée, les questions fiscales, les biens des temples, les biens matrimoniaux et les procédures.

Les décisions de la Cour suprême thaïlandaise sont-elles contraignantes pour les juridictions inférieures ?

La Thaïlande applique un système de droit civil dérivé du droit suisse. Les arrêts de la Cour suprême ne constituent pas un précédent contraignant comme dans les pays de common law. Ils n'en demeurent pas moins fortement persuasifs. Les juridictions inférieures et provinciales suivent généralement la jurisprudence de la Cour suprême. En pratique, un arrêt de la Cour suprême relatif au droit de l'usufruit influence les décisions rendues dans les affaires similaires par les tribunaux provinciaux à travers le pays.

Quel est le cas d'usufruit le plus important en droit thaïlandais ?

L'arrêt 2297/2541 (1998) est largement considéré comme un arrêt de principe. Il a définitivement établi qu'un bail enregistré consenti par un usufruitier ne prend pas fin au décès de ce dernier. Le propriétaire foncier hérite de l'obligation de respecter le bail. Cet arrêt a profondément modifié la manière dont les tribunaux traitent l'usufruit et les obligations contractuelles des tiers. Il a instauré une plus grande prévisibilité pour les locataires et a incité les usufruitiers à conclure des baux de longue durée.

Puis-je accéder moi-même à ces décisions de la Cour suprême ?

Les arrêts de la Cour suprême de Thaïlande sont publics. Vous pouvez consulter les textes originaux thaïlandais via la base de données des tribunaux thaïlandais à l'adresse dlit.go.th (ศาลไทย). Cependant, ces arrêts sont publiés en thaï, langue juridique, et leur interprétation requiert une expertise. Nous proposons des traductions anglaises et des analyses des 64 décisions relatives à l'usufruit. Classées par principe de droit, elles rendent la jurisprudence accessible aux praticiens anglophones et aux clients internationaux.

Comment ces décisions affectent-elles mon enregistrement d'usufruit ?

Les arrêts de la Cour suprême éclairent l'interprétation des exigences d'enregistrement par les fonctionnaires du Département du cadastre. Ils précisent comment les tribunaux feront respecter votre usufruit en cas de litige. Par exemple, l'arrêt 4446/2543 (2000) confirme que même un usufruit oral non enregistré crée des droits personnels exécutoires. L'arrêt 1256/2519 (1976) confirme la validité d'un usufruit non enregistré. Il peut être enregistré ultérieurement et devenir un droit réel. La compréhension de la jurisprudence vous permet de structurer correctement votre usufruit et d'anticiper les contestations de propriétaires ou d'autres parties.

Quelle est la décision la plus récente de la Cour suprême en matière d'usufruit ?

La décision 2775/2565 (2022) est la plus récente de notre base de données. Elle porte sur la validité des chèques de paiement des redevances d'usufruit lorsque le bail sous-jacent est inexécutable. La Cour a jugé que les chèques sont des instruments commerciaux indépendants. Ils ne sont pas automatiquement caducs en cas de défaillance de l'obligation sous-jacente. Cette décision apporte des éclaircissements aux praticiens chargés du recouvrement des redevances dans les contrats d'usufruit modernes. Telles étaient les informations dont nous disposions en mars 2026.

Articles connexes de la série sur l'usufruit de ThaiLawOnline

Article 1 : Contrat d'usufruit en Thaïlande

Article 2 : Usufruit pour les étrangers

Article 3 : Comment enregistrer l'usufruit

Article 4 : Annulation ou révocation de l'usufruit

Article 5 : Usufruit vs. Bail vs. Superficies

Article 6 : Usufruit des couples mariés

Article 7 : Usufruit et héritage

Article 8 : Usufruit et impôt

Article 10 : Usufruit sur les copropriétés

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