Lèse-majesté (article 112 du Code pénal)

Révisé par ThaiLawOnline, un cabinet d'avocats thaïlandais agréé exerçant en Thaïlande depuis 2006. Avocate thaïlandaise responsable : Wichuda Atthamethakon, LL.M., licence du barreau thaïlandais 3149/2556.

Dernière mise à jour :

Lèse-majesté (มาตรา 112, lèse-majesté, lèse-majesté, en thaïlandais simplement matra 112) est l’infraction prévue à l’article 112 du Code pénal thaïlandais consistant à diffamer, insulter ou menacer le Roi, la Reine, l’héritier présomptif ou le Régent ; elle est punie d’une peine d’emprisonnement de 3 à 15 ans. Elle relève du chapitre relatif aux infractions contre la sécurité du Royaume, et non du chapitre de la diffamation, raison pour laquelle les moyens de défense habituels et la voie de la transaction privée ne s’appliquent pas. Les étrangers sont poursuivis en vertu de cet article, y compris pour des contenus publiés en ligne depuis l’étranger et lus en Thaïlande.

Ce que couvre l’article 112 et comment une affaire est engagée

Quatre personnes sont protégées : le Roi, la Reine, l’héritier présomptif et le Régent. Les actes visés sont la diffamation, l’insulte et la menace, et les tribunaux les ont interprétés largement, y incluant les propos, les écrits, les images, les partages et les « likes » sur les réseaux sociaux, ainsi que les actes symboliques. Le texte ne tranche pas la question de savoir si l’article s’étend aux anciens monarques, mais des poursuites ont été engagées pour des propos concernant le défunt roi. La peine est de 3 à 15 ans pour chaque chef d’accusation, et les publications distinctes sont poursuivies comme des chefs distincts, sous réserve du plafond général de 50 ans prévu à l’article 91.

Comme l’infraction est dirigée contre l’État, toute personne peut déposer plainte dans n’importe quel poste de police, et la police est tenue d’ouvrir une enquête. Il n’est pas nécessaire que le palais ou le gouvernement porte plainte, il n’existe aucun délai de trois mois, et l’affaire ne peut être ni retirée ni réglée par transaction : ce n’est pas une infraction transigeable. Les ministère public décide s’il engage des poursuites, et le procès a lieu devant le tribunal pénal ordinaire, généralement à huis clos.

Conseils pratiques pour les étrangers vivant en Thaïlande

Cet article s’applique à toute personne se trouvant sur le territoire thaïlandais, et il s’étend également aux actes commis à l’étranger : en vertu de l’article 7(1) du Code pénal, une infraction relevant des articles 107 à 129, dont l’article 112, est punissable en Thaïlande même lorsqu’elle est commise hors du Royaume, de sorte que le contenu publié depuis un autre pays n’est pas hors de portée. Lorsque le contenu a été publié en ligne, la police ajoute normalement un chef d’accusation en vertu de l’article 14(3) de la Loi sur la cybercriminalité pour l’introduction dans un système informatique de données constituant une infraction contre la sécurité du Royaume au sens du Code pénal, passible d’une peine d’emprisonnement allant jusqu’à 5 ans ou d’une amende pouvant aller jusqu’à 100 000 bahts, ou les deux, par chef d’accusation.

Caution est légalement possible mais discrétionnaire ; depuis 2020, elle est refusée plus souvent qu’accordée dans les cas graves ; les étrangers sont traités comme des personnes susceptibles de fuir le pays et leurs passeports sont saisis ; une ambassade peut visiter et surveiller un procès mais ne peut intervenir. Des ressortissants étrangers reconnus coupables en vertu de l’article 112 ont, dans plusieurs cas, été libérés anticipément grâce à une grâce royale après avoir purgé une partie de leur peine ; ils sont ensuite expulsés et inscrits sur une liste noire. Les employeurs, les propriétaires immobiliers et les partenaires commerciaux en Thaïlande prennent même une accusation au sérieux ; par conséquent, tout ce qui touche à la monarchie doit être évité dans les messages et les publications publiques.

La lèse-majesté comparée à la diffamation ordinaire

La diffamation ordinaire visée aux articles 326 à 328 est punie d’au plus 2 ans, admet les moyens de défense tirés de la vérité et de la bonne foi prévus aux articles 329 et 330, exige une plainte de la personne diffamée et peut faire l’objet d’une transaction. L’article 112 prévoit un minimum de 3 ans par chef d’accusation, n’admet aucune exception de vérité, peut être déclenché par n’importe quel plaignant et ne peut faire l’objet d’aucune transaction. Les peines sont fréquemment réduites en cas de plaidoyer de culpabilité, généralement de moitié, et les tribunaux ont peines avec sursis dans une minorité de cas. Les propositions visant à modifier cet article ont été considérées par la Cour constitutionnelle comme des tentatives de saper la monarchie constitutionnelle, de sorte qu’une modification par la voie parlementaire est peu probable à court terme.

Foire aux questions

Quelle est la peine encourue pour lèse-majesté en Thaïlande ?

L’article 112 du Code pénal prévoit une peine d’emprisonnement de 3 à 15 ans pour chaque chef d’accusation. Plusieurs publications ou déclarations font l’objet de poursuites distinctes, et le total ne peut excéder 50 ans en vertu de l’article 91. Un plaidoyer de culpabilité réduit normalement la peine, et certaines peines ont été assorties du sursis, mais il n’existe aucune possibilité d’une simple amende.

Un étranger peut-il être poursuivi pour lèse-majesté en Thaïlande ?

Oui. Cet article s’applique à toute personne en Thaïlande, quelle que soit sa nationalité, et les tribunaux thaïlandais se sont déclarés compétents pour des contenus en ligne publiés depuis l’étranger lorsque ceux-ci peuvent être lus en Thaïlande. Des ressortissants étrangers ont été condamnés et, après avoir purgé leur peine ou avoir été graciés, ils sont expulsés et inscrits sur la liste noire de l’immigration.

Qui peut déposer une plainte pour lèse-majesté en Thaïlande ?

Toute personne, et non seulement le palais ou l’État. La police doit enregistrer chaque plainte et enquêter, et le procureur décide ensuite s’il y a lieu d’engager des poursuites. Le plaignant ne peut pas retirer sa plainte par la suite, car la lèse-majesté n’est pas une infraction transigeable.

Voir aussi : diffamation, Loi sur la cybercriminalité, expulsion, et les guides La lèse-majesté en Thaïlande, appels et grâces en Thaïlande et droit pénal en Thaïlande.

Dernière révision : 24 septembre 2026. Lu de bout en bout. Lu en thaïlandais par rapport à notre Code pénal annoté : article 112 (les quatre personnes protégées, et 3 à 15 ans), article 91(3) (le plafond de 50 ans lorsque le chef le plus grave est passible de plus de dix ans, sauf si le tribunal prononce la réclusion à perpétuité), articles 326 et 328 (diffamation ordinaire, un an, ou deux ans et une amende de 200 000 bahts en cas de publication) et articles 329 et 330 (les moyens de défense de bonne foi et de vérité). L’article 14 de la loi sur la cybercriminalité a été lu pour le chiffre de 5 ans et 100 000 bahts et pour le point (3), les infractions contre la sécurité du Royaume. La pratique en matière de libération sous caution, les audiences à huis clos, les grâces et l’expulsion sont décrites comme des pratiques, et non comme des règles de droit. Vérifié à nouveau le 10 octobre 2026 : article 7(1) du Code pénal lu en thaïlandais pour la portée de l’article 112 aux actes commis à l’étranger.

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